Nantes-Méditerranée à la voile

J moins 3

24août

239.JPGRaki a retrouvé l'Atlantique. Nous avons terminé le canal du Midi sur les chapeaux de roues avec un moteur neuf et 11 talonnages de plus ce qui porte le total des pocs à 94 ! Les passages d'écluses nous ont éreintés et jamais nous ne nous serons aussi peu occupés des enfants que pendant ces deux semaines de canal. Le bateau a été remâté à Pauillac et nous nous réaccoutumons lentement aux conditions de navigation océaniques. Nous avions un peu oublié le froid, la pluie et la houle. Heureusement, nous sommes accueillis chaleureusement par tous ceux que nous retrouvons au cours de la remontée. Et même si une dépression nous tombe dessus ces jours-ci, nous serons bien au quai de la Fosse à Nantes le vendredi 27 août à 18 heures pour fêter dignement le retour de Raki.


Nous y serons le 27 août, à la rame s’il le faut !

13août

IMG_0604.JPGLe Mistral a soufflé fort fin juillet. Comme il nous était impossible de reprendre la mer, nous avons décidé de faire une escapade à Paris pour rendre visite à nos familles. 5 heures de TGV dans un sens, puis 5 heures de TGV dans l’autre et 3 jours plus tard et nous reprenions la mer. Nous avons d’abord fait escale à Marseille, puis à Port St Louis du Rhône après une navigation musclée au louvoyage contre 30 nœuds de vent (nous n’avions pas eu connaissance de l’avis de grand frais), et aux Saintes Maries de la mer. Lorsque nous avons voulu repartir pour Sète, le moteur s’est remis à tousser pour le plus grand bonheur du spi qui a pris l’air en nous tirant à 2 nœuds le matin et à 6 nœuds l’après-midi quand le vent s’est levé. A Sète, nous avons démâté et caréné Raki. Nous avons aussi fait réviser le moteur pour la deuxième fois en 15 jours. Le mécano s’en est pris au carburateur et au pointeau avant de déclarer : « maintenant il tourne très bien ». Tout en préparant Raki à se métamorphoser en péniche, nous avons retrouvé peu à peu tous les copains en vacances dans le sud et la famille que nous y avons.IMG_0591.JPG Ils nous ont aidé à nous adapter à notre nouvelle vie hexagonale. Le mauvais temps nous a retenu une journée de plus à Balaruc car l’étang de Thau est une vraie bouilloire quand le vent souffle fort de nord ouest. Notre petit moteur ne l’aurait sans doute pas supporté. Le 6 août nous avons pu faire la traversée et nous engager dans le canal de Riquet où, depuis, nous nous faisons les biceps en tirant sur les aussières dans les écluses. Nous avons atteint Toulouse au 5ème jour et là, nous avons procédé à une nouvelle enquête moteur car le réchauffement climatique mondial semble s’être tout entier installé sous son capot. Cette fois, avec l’aide d’un mécanicien très serviable et compétent, nous l’avons démonté entièrement sur le quai pour découvrir que le thermostat était complètement cuit. Manque de chance car les fournisseurs sont rares en période de vacances et c’est finalement Accastillage Diffusion de Nantes qui nous les a expédiées par Chronopost. Remontage ce jour pour nous apercevoir que plusieurs joints sont foutus et qu’il faudrait démonter tout le bloc moteur pour trouver d’où vient le trop plein d’air. En somme, plusieurs journées de chantier et sans doute un coût de main d’œuvre supérieur à celui d’un moteur neuf. Nous essayons donc de remettre la main sur la dame de nage pour continuer à la godille.


Raki à Nantes le vendredi 27 août

26juillet

Leonie_et_ses_cousins.jpgJ'ai connu des paysages
Et des soleils merveilleux
Au cours de lointains voyages
Tout là-bas sous d'autres cieux

La chanson de Trenet (version Rachid Taha bien sûr) nous trotte dans la tête. Nous sommes arrivés sur le continent jeudi soir. Raki est amarré dans le port de la Rague, près du cap d’Antibes. C’est un peu comme la Madrague mais en moins fou. Cela fait bizarre de retrouver nos repères hexagonaux. Nous avons l'impression que la grande aventure se termine et que commence une petite croisière estivale. Pourtant le vent souffle fort dans le Midi et la mer est formée comme cela a pu arriver parfois dans les contrées lointaines que nous avons abordées au cours des 6 derniers mois. Nous en venons à penser que le plaisancier du dimanche de la côte d'Azur a quelque chose d'un aventurier lui aussi. Nous avons pris le parti d'attendre que le Mistral mollisse un peu autour de Marseille pour reprendre notre route vers l’ouest sans doute à partir de demain mercredi. Nous en avons profité pour retrouver les premières têtes connues. Léonie a ainsi pu passer un peu de temps avec ses cousins en vacances à Vence (photo). Et puisque nous avions quelques jours devant nous, nous avons continué notre tour des capitales : après Lisbonne, Alger, La Valette, Athènes et Rome, nous avons fait un crochet par Paris pour vérifier que la tour Eiffel était toujours à sa place. C'est que nous avions entendu la rumeur gronder jusqu’en pleine mer d’une France qui en voit des Woerth et des pas mures depuis quelques semaines. D'ailleurs nous avons hâte d'honorer les rendez-vous des mobilisations de septembre. Nous aurons même de l'avance car nous venons de décider de rentrer un jour plus tôt pour retrouver tous ceux qui sont de mariage le samedi et pour que la fanfare, indisponible le 28 août, fasse résonner les vieux immeubles du quai de la Fosse. Nous rentrerons donc à Nantes le vendredi 27 août à 18h00. Qu'on se le dise !

Mise à jour du blog

26juillet

blog.jpgNous avons eu peu de temps pour mettre à jour le blog, mais vous trouverez quand même quelques news de Naples ci-dessous, à la date du 13 juillet. D'autres billets retardataires rejoindront leurs petits frères bientôt.

R.A.K.I. canal historique

20juillet

Celui_dont_on_ne_parle_jamais.jpgLéonie était très émue de rentrer en France aujourd’hui et de pouvoir être à nouveau de toutes les conversations ce qui ne fut pas toujours possible ces six derniers mois au cours desquels il aura fallu jongler entre l’espagnol, le portugais, l’arabe, l’anglais, le grec et l’italien. On a même fini par s’y perdre et donner du parakalo à un Italien, du salam alikoum à un Maltais ou encore du gracias à tel autre Grec. Ce 20 juillet, donc, nous avons remis le pied en France ! Ou presque puisque nous sommes arrivés en Corse après une navigation de 30 heures depuis Ostie, le port de Rome. Nous avons louvoyé toute la première moitié de la traversée entre les îles toscanes. La mer est confuse dans ces parages car la houle de la veille croise les vagues du jour formant un dédale très chaotique. Puis le vent s’est orienté au nord en mollissant un peu nous permettant de tirer un bord dans le sens de la route. La traversée s’est terminée au moteur par manque de vent entre l’île d’Elbe et la Corse. Nous avons gardé les doigts croisés car ledit moteur commence à donner des signes de fatigue. Nous l’avons confié ce soir à un professionnel pour les vidanges et une révision complète. Après le Canal de Corse, nous visons le Canal du Midi - pas moins historique - que nous devrions embouquer au tout début du mois d’août. D’ici là, nous avons 10 jours pour regagner le continent (Amélie aimerait bien faire une entrée solennelle dans le port de Cannes, sous la Croisette) et laisser passer le coup de mistral qui s’annonce avant de rejoindre Sète et d’y démâter le bateau. Sinon la vie suit son cours à bord même si nous n’avons pas donné beaucoup de nouvelles sur le blog ces derniers temps : les escales se succèdent et certaines ont été de vraies bonnes surprises comme celle de Procida (photo), DSC04128.JPGun nouveau pavillon national flotte sur le pataras du bateau (nous avons gardé l’ancien pour le vendre aux enchères à notre retour à Nantes histoire de renflouer les caisses), Gustave circule désormais dans une magnifique poussette romaine et Léonie prépare sa rentrée en dévalisant les papeteries et en s’appliquant à déchiffrer tous les mots qui s'offrent à son regard. Nous allons prendre le temps de compléter cette liste en mettant bientôt en ligne quelques images d’Amalfi, de Naples et de Rome que nous avons adorées.

Naples

13juillet

IMG_0565.JPGNous avons quitté Amalfi ce matin. Nous n’avons pas entendu les sirènes dans la baie de Naples car, par précaution, nous nous sommes bien bouchés les oreilles. On n'est jamais trop prudent. Hier soir, nous avons vu la finale de la coupe du monde de football à la terrasse d’un café et voir cela en Italie, c’est en soi un spectacle. Nous aurons bien profité de notre escale en Campanie (voir vidéo ci-dessous). Aujourd’hui nous relâchons à Procida, une île délicieuse et peu fréquentée qui nous rappelle un peu la Grèce. Nous ne nous sommes pas arrêté à Capri où la place de port dépasse les 100 euros par nuit…

Messine et les volcans

10juillet

blog_10_juillet.JPGNous quittons Messine le jeudi 8 juillet et croisons des bateaux qui pêchent le thon avec leurs immenses mâts de vigie. Nous redoutons un peu le détroit de Messine que gardent deux monstres selon certaines sources. Mais finalement nous le passons sans difficulté avec le courant portant et nous décidons de faire un crochet par les îles Eolienne où les volcans sont toujours en activité. Léonie se baigne dans les eaux chaudes de Vulcano et fait le plein de pierres ponces à Stromboli. Amélie fait tomber ses lunettes de soleil à l’eau dans le port et se jette à leur poursuite dans une mer à 30 degrés. L’île de Stromboli n’a pas dû changer beaucoup depuis le film de Rossellini. Str.JPGLes bateaux locaux sont tirés au sec sur la grève et la roche est noire. Nous passons une fin de journée délicieuse avant de rembarquer sur Raki mouillé au pied du volcan qui crache sa fumée toutes les 15 minutes. Nous repartons au petit matin le samedi et l’île reste visible pendant toute la journée. Léonie perd sa deuxième dent en pleine mer Thyrrénienne et nous arrivons le soir à Acciaroli où nous mangeons une délicieuse pizza. C’est que nous approchons de la capitale mondiale de la pizza : Naples. Le reste en images...

La botte et la sandale

7juillet

9_mois.jpgPour accélérer un peu, nous venons de faire deux navigations de 24 heures environ pour passer le sud de la botte italienne. La première nous a menés d’Erikoussa en Grèce à Le Castella en Calabre par temps brumeux. Puis après cette première escale italienne, nous sommes repartis en direction de la Sicile par temps frais et mer formée dans le golfe de Squillace et dans le détroit de Messine. Les enfants ont plutôt bien supporté les longs bords de près alors que le bateau plantait des pieux avec deux ris dans la grand-voile et un ris dans le foc de route. Léonie nous a même pris un peu de haut en nous expliquant qu’il ne fallait pas se plaindre car on avait connu bien pire lors du coup de vent de Galaxidi et qu’il n’y avait pas tant de mer que ça. L’air un peu hagard, diminués par nos quarts de nuit et dégoulinant d’eau de mer, nous n’avons rien trouvé à lui répondre. Hier nous avons fait un peu de ravitaillement et fêté les neuf mois de Gustave (photo), dont 5 passés sur le bateau. Nous sommes bien protégés dans le port de Messine dont le responsable, ému d'accueillir un si petit bateau avec autant de milles au compteur et une famille à bord nous a offert une bonne bouteille de rouge sicilien. Nous avons aussi fait la rencontre de l'équipage de Bidourik, le JPK960 du tourduf avec son grand "Chambre de Commerce et d'Industrie des Côtes d'Armor" peint sur le bordé. Aujourd'hui, Raki nous a patiemment attendus pendant que nous traversions la Sicile en voiture. C’est que nous voulions découvrir l’intérieur de l’île et la vallée des Temples d’Agrigente que nous avons rejointe en contournant l’immense Etna. Une façon de retrouver nos chers Grecs. Nous repartons demain vers d’autres volcans dans les îles éoliennes. 3,2,1, feu !


La Grèce est derrière nous

3juillet


La Grèce est derrière nousAvons quitté l’Hellas, hélas
La Raki’s band est triste et lasse
De laisser Zeus et Menelas

Continuons notre belle as-
cension dessous les estrellas
Et la brume, quelle mélasse !

Dernières escales grecques

1juillet

DSC04051.JPGAprès avoir quitté Ithaque, nous avons fait escale à Leucade dans la nouvelle marina le long du canal puis dans le délicieux mouillage de Lakka à Paxos (photo). Nous sommes arrivés à Corfou (l’ex-Corcyre et aussi l’ex-Schérie des Phéaciens et de Nausicaa) le 29 juin et avons amarré Raki au pied du château vénitien dans le magnifique port de plaisance de Mandraki (si, si !).

Ithaque

27juin

Nous sommes arrivés à Ithaque le samedi 26 juin au louvoyage par 25 noeuds de noroît. Dans l'entrée, le vent accélère sous l'effet des reliefs qui la bordent et nous avons pris quelques belles rafales. Nous commençons à comprendre qu'Ulysse, saccageur de villes, ait eu tant de difficultés à revenir de Troie et qu'il ait dû user de toute sa metis (sa ruse, pas l'amie de Julien Clerc) pour échapper aux mauvais coups de la mer vineuse. Nous avons amarré Raki au quai de Port Vathy qu'Homère appelait le Port du vieux Phorcys, roi des phoques.


Lépante

24juin

DSC04047.JPGRaki est amarré dans le minuscule port médiéval de Lépante, au pied des remparts, depuis ce matin. Pour aller jusqu’au château, Lépante est raide et la route est droite. Petit clin d’œil aux millions de manifestants qui ont investi les rues de France aujourd’hui parce qu’en deux ans de retraite, on fait quatre fois le tour que nous sommes en train d’accomplir. Cela devrait donner à réfléchir à nos gouvernants, non ? L’équipage s’apprête à repartir vers l’ouest demain et les jours prochains pour sortir des golfes de Corinthe et Patras et aller rendre visite au vieux roi d’Ithaque. Nous partirons dès que viendra l’aurore aux doigts de rose et espérons échapper aux forts vents qui balayent le couloir dans lequel nous nous trouvons.

D’Athènes au Golfe de Corinthe

22juin

IMG_0510.JPGNous avons quitté Athènes jeudi dernier. La traversée vers le canal de Corinthe s’est faite au louvoyage dans une bonne brise de 20 noeuds. Le soir, nous avons mouillé à Kalimaki, une petite baie située juste au nord de l’entrée du canal. Vendredi, en fin de matinée, nous avons embouqué le canal sous un soleil de plomb. Nous avons ensuite tiré vers Itea dans le petit temps. A l’approche de Galaxidi, nous avons fait les frais d’une dispute entre Apollon et Poséidon, l’ébranleur de la terre. Le ciel s’est couvert, puis est devenu tout noir. Les éclairs ont fusé de toutes parts. Et plus nous approchions du port, plus le ciel s’obscurcissait. Nous avons hésité à changer de destination. Soudain, des milliers de moutons blancs se sont formés sur le vaste dos de la mer. Le vent est monté à 20, puis 25, puis 30, puis 35, puis 40, puis 45 nœuds. Plus moyen de gagner au vent sans coucher le bateau. DSC04040.JPGNous avons dû faire demi-tour et partir en fuite à 6 nœuds à sec de toile. La mer poissonneuse s’est creusée rapidement pendant que le drapeau national de Raki, déjà bien fatigué par ses 4 mois de mer, rendait ses derniers soupirs. Nous avons enfilé les vestes de quart que nous n’avions plus porté depuis des semaines. Tout l’équipage s’est équipé de gilets et de harnais. Nous avons alors envisagé deux cas de figure : retourner à Corinthe ou profiter que nous avions de l’eau à courir pour attendre la bascule de vent et filer vers Lépante. Amélie a préparé le foc de route arisé puis nous l’avons envoyé en valsant un peu sur le pont. Au bout d’une heure, le vent a molli et a pris de l’ouest nous permettant alors de lofer et de commencer à retourner vers Galaxidi. Bilan, 12 milles de route en plus et une belle frayeur. Nous craignions particulièrement que le vent monte encore ou que la mer se forme davantage. IMG_0480.JPGBien contents d’arriver, nous nous sommes promis d’aller visiter Delphes le lendemain pour rendre un petit hommage à Apollon qui nous a sorti de ce mauvais pas. Léonie a pris son carnet de croquis et nous sommes allés au musée où nous avons pu voir le nombril du monde (cf. photo). C’est Zeus qui l’avait localisé en envoyant deux aigles, l’un vers l’Ouest et l’autre vers l’Est. Ils s’étaient retrouvés à Delphes. Léonie a ensuite croqué tous les monuments du sanctuaire d’Apollon et commis une petite prière à la manière de la Pythie en guise d’ex-voto. L’autobus nous a ramené à Galaxidi le soir. IMG_0519.JPGEt le lendemain matin nous avons appareillé à 5h00 pour profiter des calmes matinaux. Mais dès 9h00, le vent est monté de nouveau pour atteindre la force de 30 nœuds. Après 4 changements de voiles d’avant, nous avons louvoyé sous grand voile et foc de route arisés jusqu’à la belle île de Trisonia où nous attendons à présent que la météo se montre plus clémente, peut-être jeudi.

Canal de Corinthe

18juin

2ème Bilan d’étape

16juin

Cadre_voyage_en_Mediterranee.pngNous sommes arrivés au point le plus Est de notre croisière avec une longitude de 23°39’ Est. Nous sommes plus à l’Est que Varsovie et exactement à la longitude de Riga en Lettonie. Il nous aura fallu 3 mois et 27 escales pour atteindre Athènes depuis le détroit de Gibraltar. La longitude la plus occidentale du voyage était à Cascaïs (Entée du Tage) : 9°25’ Ouest, sur le même méridien que le Liberia. La latitude la plus méridionale était à Saïdia (frontière algéro-marocaine) : 35°07’ Sud, sur un parallèle un peu au sud de Téhéran, ou encore entre Los Angeles et San Francisco. Le rectangle dessiné sur la carte ci-dessus encadre notre périple. Notre objectif à présent est de retrouver la position de départ : 47°12’ Nord et 1° 34’Ouest, autrement dit le quai de la Fosse à Nantes. Nous visons une arrivée en fanfare le samedi 28 août à 18h00 (qui a dit qu’on ne peut jamais prévoir en voilier ?). Depuis notre entrée en Méditerranée, nous avons parcouru 1936 milles nautiques pour une moyenne de 5,15 nœuds. Nous avons passé 30 journées en mer et 11 nuits. Six fois nous avons fait des traversées de plus de 100 milles nautiques (174 milles entre Oran et Cherchell, 102 milles entre Alger et Béjaïa, 159 milles entre Jijel et Annaba, 134 milles entre Pantelleria et Malte, 360 milles entre Malte et Katakolon, 113 milles entre Kalamata et Monemvasia). La moyenne par étape est de 71,70 milles nautiques. Selon les cas, nous nous sommes arrêtés soit une nuit, soit plusieurs. Nos escales de plus d’une journée furent celles de Melilla (3 jours), Ghazaouet (2 jours), Oran (9 jours), Cherchell (2 jours), Alger (9 jours), Jijel (3 jours), Tabarka (4 jours), Sidi Bou Saïd (10 jours), Pantelleria (8 jours), Malte (3 jours), Katakolon (3 jours), Kalamata (3 jours), Monemvasia (2 jours), Epidaure (2 jours), Le Pirée (5 jours). Il n’y a qu’à Jijel et à Pantelleria que nous avons dû prolonger l’escale à cause du mauvais temps comme cela avait déjà été le cas à Porto dans la tranche précédente. Nous avons pu vérifier que la Méditerranée est une mer capricieuse. Nous avons eu des conditions de vent et de mer difficiles à l’approche de Cherchell, à Rembrandt-Tempete.jpgl’approche d’Alger, dans la baie de Skikda, à l’approche de Bizerte, à l’approche de Pantelleria et au départ de Malte. Mais à l’opposé nous avons aussi eu beaucoup de calmes puisqu’en 3 mois nous avons fait presqu’autant de moteur que de voile et consommé 255 litres d’essence. Le bateau a bien résisté et nous n’avons à déplorer que la perte d’un petit seau un peu trop vite jeté à l’eau dans le port de Pantelleria et quelques pannes électrique qui ont facilement été réparées (éclairage du compas de route, lampe de cuisine). Le GPS traceur a perdu un peu de notre confiance depuis qu’il n’accepte plus de s'allumer pendant de longues périodes. Les voiles n’ont pas trop souffert et même les vernis tiennent à peu près le coup. Nous n’avons plus eu de problème de charge électrique depuis Gibraltar puisque le panneau solaire a efficacement complété l’éolienne. Enfin le nom du bateau n’a jamais été un obstacle même s’il aurait pu passer pour une anagramme malheureuse en Algérie ou réveiller la vieille hostilité anti-turque en Grèce à cause de l’homonyme alcoolisé. L’équipage a eu quelques bobos. Léonie a contracté une simili-scarlatine à Pantelleria. Elle a aussi fait une belle chute à Epidaure (le coude et la hanche un peu amochés). Amélie regrette d’avoir voulu faire couleur locale en s’offrant des sandales en cuir à Monemvasia : ses pieds sont couverts de plaies. Sylvain a eu des crampes d’estomac à Jijel et Gustave est toujours le plat préféré des moustiques. Il a de plus testé de la tête à peu près toutes les parties du bateau. poussette_out.JPGQuant à la poussette, après avoir sillonné des dizaines de kilomètres dans les rues et sur les routes d’Afrique et d’Europe, elle a rendu l’âme à Athènes. Nous l’avons ramenée au Pirée dans un brancard et allons à présent l’enterrer après avoir fait quelques libations. Nous n’avons croisé aucun voilier naviguant au Maroc et en Algérie. Ce n’est qu’à partir de la Tunisie que nous avons rencontré d’autres équipages en route comme nous, notamment Steve et Melissa (Sidi Bou Saïd), Ann et Kevin (Sidi Bou Saïd), Julien et son équipage (Pantelleria), Jean-Luc Van Den Heede et son équipage (Pantelleria), puis plusieurs équipages anglais et français à Katakolon, à Kalamata, à Monemvasia où nous avons fait la connaissance de Georges, Zlata et Violette, à Hydra et à Epidaure. Lors de nos escales, nous avons beaucoup circulé à terre. Pour nos déplacements, nous avons utilisé des bus, des taxis, des voitures de location, des trains. Nous retiendrons particulièrement la ville d’Oran, la ville d’Alger et la ville de Béjaïa, trois villes magnifiques où nous nous sommes sentis chez nous. Nous avons aussi beaucoup aimé la ville de Tunis pour son intense activité. Nous avons passé du bon temps à l’île de Pantelleria qui nous a semblé être un bout du monde. Nous apprécions à présent la Grèce pour la beauté des paysages et pour ses majestueux sites antiques.La_6eme_caryatide.JPG Nous avons du mal à nous remettre des émotions que nous avons ressenties dans la plaine de Sparte, dans le stade d’Olympie, dans le théâtre d’Epidaure ou, hier encore, à l’Agora d’Athènes. Pour nos balades, nous avons utilisé les mentions contenues dans les instructions nautiques et les incontournables Guides du Routard. Nous avons aussi essayé de retrouver les lieux évoqués dans les bouquins que nous avons embarqués ou qui flottaient dans nos souvenirs de lectures plus anciennes. Nous n’avons eu aucun problème de ravitaillement et notre système de Jerricans est tout à fait fonctionnel : 4 jerricans de 10 litres d’essence et 3 jerricans de 10 litres d’eau toujours complétés par quelques bouteilles d’eau minérale. Le beurre ne tient plus dans le bateau depuis Malte. Nous allons maintenant entamer le voyage du retour même si nous savons qu’en ces contrées les retours sont parfois interminables et nous renonçons à Istanbul car nous serions alors obligés d’adopter un rythme de convoyage qui nous priverait des escales que nous envisageons de faire en Italie et en Corse. Le retour devrait s’organiser en plusieurs temps : 1. Le Canal de Corinthe et la remontée jusqu’à Corfou dans la semaine qui vient. 2. L’Italie du Sud et la Sicile fin juin-début juillet. 3. Naples, Rome, les îles toscanes et la Corse dans les 3 premières semaines de juillet. 4. Marseille et Sète fin juillet où nous retrouverons des amis et de la famille. 5. Le Canal du midi la première quinzaine d’août. 6. La Gironde, la Rochelle, et Nantes fin août. Nous sommes sur le retour, certes, mais en relisant ces dernières lignes, nous nous disons que nous avons encore du pays à voir et que nos grandes vacances sont loin d’être terminées.

Chez Socrate

15juin

Avec la chaleur qu'il fait à Athènes, il est impératif de se ménager tout l'après-midi en se mettant à l'ombre. On devise alors sur tout et rien. Pas étonnant qu'on y ait inventé la philosophie.

Le théâtre d'Epidaure

12juin

Malvoisie

9juin

DSC03944.JPGRAKI continue son tour du Péloponnèse. Les températures deviennent scandaleusement élevées et il devient difficile de se protéger de la morsure du soleil hellène. Nous avons quitté Kalamata lundi en fin d'après-midi. Au louvoyage d'abord dans la fin du thermique puis au portant dans une bonne brise d'ouest qui a rapidement monté une mer assez creuse. Nous avons traversé le Golfe de Laconie pendant la nuit et avons longé Cythère au petit matin. Nous avons eu beau scruter aux jumelles, nous n'avons pas vu le pendu de Baudelaire qui a probablement été décroché depuis. Certains se demandent peut-être pourquoi ce nom, Cythère. Antoine_Watteau_034.jpgC'est tout simplement par respect pour les habitants d'ordinaire assez laconiques. Le cap Maleas nous a laissé passer en mer Egée sans aucune difficulté et nous sommes arrivés à Monemvasia appelée aussi Malvoisie (car on ne boit pas que de l'Ouzo en Grèce) en début d'après-midi. Léonie a immédiatement sympathisé avec Violette, la petite équipière du voilier voisin. Nous reprenons le mer aujourd'hui et visons Athènes dans les prochains jours.

Léonie et Léonidas

7juin

Leonie_et_Leonidas.JPGLa rencontre a eu lieu à Sparte hier. Léonie sait gré au célèbre général d'avoir su tenir tête aux Perses lors de la bataille des Thermopyles. Elle aime bien aussi les hamburgers qu’on sert à Sparte dans les tavernes de la place centrale et les cerises qu’on peut acheter sur le bord de la route qui conduit à la cité. D’ailleurs, elle trouve que Sparte ça sonne un peu comme Smarties. Elle s’est fait offrir une carte de toute la Laconie par le gardien du musée et savait bien qu’il n’y avait plus de piles dans l’appareil photo et qu’il était préférable d’utiliser la caméra vidéo puisqu’elle prend aussi des photos. En somme c’était une journée bien remplie sur les traces des valeureux Lacédémoniens et Léonie la retiendra pour toutes les grandes histoires que nous avons réveillées et parce que, dans la voiture, elle a pu emporter son lecteur DVD pour visionner Bonne Nuit les Petits à l’aller et Crin Blanc au retour.

Bouteille à la mer

6juin

Gustave_a_la_barre.jpgGustave a huit mois aujourd’hui. Il est très gentil, très aimant et sait se montrer serviable en toutes circonstances. Mais à ce jour, il ne sait toujours pas qui voudra bien le garder pendant l’année scolaire 2010-2011 alors que Léonie sera à l'école et leurs parents au travail. Ces derniers ont multiplié les démarches auprès des services municipaux et des relais d’assistantes maternelles mais sans succès. Faudra-t-il que ce charmant garçon soit livré à lui-même des jours entiers ? Veut-on qu’un si délicieux bambin succombe aux tentations de la rue ? Nous sommes certains que non et qu’une âme charitable saura se porter à son secours. Puéricultrices, assistantes maternelles, ou toute personne en ayant une dans son carnet d’adresses, ce message vous est destiné car vous pouvez inverser le cours des choses.