Nantes-Méditerranée à la voile

escales et rencontres

Cette rubrique traite de la vie dans les ports et des escapades à pied, à cheval et en voiture dans les arrière-pays.





Gustave a six mois

6avril

6mois.JPGGustave a six mois aujourd’hui. Nous avons passé une semaine à Oran et nous nous apprêtons à repartir vers l’Est. Nous garderons un souvenir inoubliable de cette escale. Alger est dans notre étrave. Nous ferons sans doute des arrêts à Ténès, Cherchell et Tipaza où déjà nous avons quelques contacts. Nous profitons de l’accès à Internet que nous avons trouvé ici pour compléter un peu le récit de notre périple. Quelques nouveaux billets figurent ci-dessous. D'autres suivront.

La colline brûlante

1avril

99705.JPGAbdelkrim nous a proposé de nous prêter sa voiture pour aller à Relizane aujourd’hui. C’est Abdallah (photo devant la librairie de Relizane), un des plus anciens membres du club qui nous conduira. Il est originaire du sud saharien et a travaillé autrefois comme routier pour acheminer le matériel nécessaire aux essais atomiques français. Nous partons le matin vers 8h00 et arrivons à 10h00 à Relizane dont Idir nous a appris la signification en berbère : « la colline brûlante ». Nous nous promenons en ville puis entrons dans la mairie où plus d’une centaine de personnes venant de toutes les communes environnantes se bousculent pour obtenir des documents administratifs (l’Algérie passe au passeport biométrique dans quelques jours). Nous essayons de nous frayer un chemin jusqu’au guichet où un élu nous reçoit. Je lui demande s’il existe une trace des Français nés en Algérie du temps de la colonisation, ce qui est le cas de ma mère. Il me demande son nom et sa date de naissance et revient au bout d’un quart d’heure avec une copie intégrale de l’acte de naissance, en français. Y figurent les noms de mes grands-parents et de l’officier d’état civil qui a enregistré la déclaration de naissance. Nous repartons nous promener dans la ville, prenons beaucoup de photos et reprenons la route pour déjeuner à Mostaganem. De retour au club, nous partageons des grillades apportées par Abdelkrim pour fêter l’événement.

Les deux frères

31mars

lesdeuxfreres.JPG Après avoir fait escale à Ras El Mas et à Saïdia au Maroc, nous voilà en Algérie depuis une semaine. Nos navigations ont été facilitées par une météo clémente. Les paysages sont somptueux et l'accueil très chaleureux et fraternel à l'image des rochers Ad Fratres qui bordent le sud de l'entrée du port de Ghazaouet, notre première escale. Après Ghazaouet, nous avons relâché à Beni-Saf puis à Oran que nous sillonnons de long en large. Repartir est toujours un crève-coeur car chaque jour nous faisons la rencontre d'amis qui nous retiennent. Nous allons à présent prendre le temps de mettre de l'ordre dans les photos et les vidéos pour partager ces moments exceptionnels. Nous essaierons de tout mettre en ligne avant notre départ d'Oran dans quelques jours. Tout l'équipage se porte bien et prend des couleurs. Léonie grandit, apprend ses premiers mots en arabe et pêche des sardines avec son copain Amine. Gustave goûte le pain et les oranges. Les poissons du port nettoient la carène de Raki. Demain, nous partons à Relizane pour visiter l'arrière-pays.

Idir

30mars

DSC03598.JPGIdir est un membre de l’association Phenicia. Nous l’avons rencontré le lendemain de notre arrivée et il s’est montré très intéressé par notre voyage en voilier. Retraité de la direction des transports, lui-même navigue beaucoup et pêche avec son petit bateau à moteur. Il nous propose de nous emmener en voiture découvrir les environs d’Oran. Nous partons avec lui jusqu’au cap Falcon et roulons sur les corniches oranaises pendant plusieurs heures. Le paysage est somptueux. Nous discutons des Berbères et des Arabes, de la Kabylie, de la colonisation française, de l’avenir de l’Algérie, de son père qui vient de mourir centenaire, de Camus, des chanteurs algériens, des années noires du terrorisme. En rentrant nous lui prêtons les Chroniques algériennes de Camus, quelques jours plus tard, il nous apporte de délicieux poissons. Il nous présente quelques-uns de ses enfants et son frère qui vient de céder sa boulangerie à la nouvelle génération. Idir est devenu pour nous une référence à Oran.

Amine

29mars

IMG_0355.JPGAujourd’hui Léonie a rencontré Amine qui est le fils d’un des gardiens du club. Ensemble ils pêchent des crevettes, des moules, et quelques poissons qu’une mouette viendra leur chiper un peu plus tard. Amine vient déjeuner à bord et nous parle de l’école et de sa famille. Rendez-vous est pris pour une nouvelle partie de pêche le lendemain.

Arrivée à Oran

28mars

697.JPGLa navigation de Beni-Saf à Oran prend moins de temps que prévu car le courant (plus d’un nœud) nous pousse désormais vers l’Est. Nous louvoyons entre l’île plane et le cap Falcon et à l’approche d’Oran, nous appelons la capitainerie par VHF. On nous dirige vers le quai des gardes côtes puis, une fois les formalités accomplies, vers le quai d’Alger où nous nous amarrons. La PAF nous encourage à nous déplacer vers le ponton du Yacht Club géré par l’association Phenicia qui offre une meilleure protection. Lorsque nous débarquons, il fait nuit. Le gardien nous apprend qu’il y a des membres du club à l’étage et que nous pouvons les rejoindre. Nous y trouvons Abdelkrim et Fatih qui nous souhaitent la bienvenue et nous offrent un verre. DSC03593.JPGPuis des amis à eux arrivent avec un plat de paella que nous sommes invités à partager. La discussion porte sur la France que tous connaissent très bien pour y avoir travaillé ou y travailler encore, sur l’Algérie qui bouge, sur le club qui a développé des activités en faveur de l’environnement. Tous se montrent curieux de notre voyage. Nous notons quelques numéros de téléphone. Des rendez-vous sont déjà pris pour découvrir Oran. Nous sentons déjà qu’il va être difficile de repartir.

Brahim

26mars

670.JPGNous nous retrouvons avec Brahim à 10h00 à la sortie du port comme convenu. Ensemble, nous allons au grand marché pour acheter des fruits et des légumes. Brahim a travaillé toute sa vie en France. Il est revenu en Algérie il y a quelques années pour y passer sa retraite. Il s’est remarié ici et a conservé un appartement en France où il se rend occasionnellement. Notre promenade dure une bonne heure puis Brahim nous invite à déjeuner chez lui après nous avoir fait découvrir la ville. Nous lui répondons que nous ne pouvons accepter car nous nous apprêtons à repartir dans l’après midi pour Beni Saf. Mais Brahim insiste et nous exhorte à prolonger notre séjour pour manger le couscous ce soir. Le départ est repoussé de 24 heures et nous allons voir les autorités pour les informer de notre intention de rester une nuit de plus. L’affaire est entendue puis nous allons chez Brahim. 672.JPGNous y rencontrons sa femme, Fouzia et sa sœur, plus âgée, qui vit chez lui pour quelques temps et qui adopte rapidement Gustave. Nous rirons beaucoup avec elle du SMS que nous envoyons à ma mère en France avec la photo d’elle tenant Gustave dans les bras : « ça y est, je suis arrivée en France ? En 3 secondes et sans visa ! ». Brahim a fait construire une belle villa dont il est en train de terminer l’étage. La vue est magnifique sur tous les environs de Ghazaouet et sur la mer. Après manger, des nièces de Brahim passent lui rendre visite. Nous discutons de tout, l’Algérie, les enfants, le bateau, la France. Léonie joue avec Amina, la petite nièce de Brahim. 666.JPGPuis nous rentrons au port dans l’après-midi pour nous habiller et repartons dîner. Nous partageons un délicieux couscous avec toute la famille. Le frère aîné de Brahim nous raconte Oran, la pêche en Algérie et ses années en France de 1953 à 1963. Le lendemain matin, Brahim vient nous dire adieu sur le quai. Nous nous séparons comme si nous nous étions toujours connus, émus. Depuis notre départ de Nantes, nous étions impatients d’arriver en Algérie. Nous ne pouvions pas rêver une meilleure entrée en matière.

Dernières escales marocaines

24mars

DSC03546.JPGEn quittant Melilla, nous trouvons une mer agitée et du vent d’Est. Babord amure, nous avançons vite et en serrant le vent nous réussissons à tout faire en un seul bord. La visibilité est mauvaise et les îles Chafarinas finissent par se montrer alors qu’elles ne sont plus qu’à deux milles nautiques. Nous approchons du port de pêche de Ras el Mas que nous nous décidons à rallier pour éviter d’aller à Marina Saïdia, vaste complexe touristique se trouvant à 6 milles dans l’est. Nous sommes bien accueillis par les autorités qui nous invitent à nous amarrer derrière un petit catamaran de croisière battant pavillon marocain. Compte tenu de la rapidité des formalités, nous décidons d’aller faire une promenade en ville et d’y dîner. A notre retour, vers 23h00, un gendarme royal arrive en voiture. Il nous somme de quitter les lieux immédiatement arguant du fait que Ras el Mas est un port de pêche et qu’une marina peut nous accueillir « à deux ou trois milles maximum dans l’est ». Je lui réponds que nous ne possédons pas de carte actualisée pour aller à Marina Saïdia qui vient d’être construite et que ce que j’ai collecté comme informations la place plutôt à 6 ou 7 milles. Arriver dans un port complètement inconnu et mal cartographié de nuit est délicat. Mais il insiste (« il y a des lumières pour entrer dans la marina ») tout en faisant des remontrance aux autorités du port à qui il reproche de nous avoir accueillis. Nous ne résistons pas plus longtemps et quittons le port. La mer s’est un peu calmée dehors et nous mettons 1h30 à gagner le début d’une vaste digue que nous longeons sur plusieurs centaines de mètres. Puis deux feux se distinguent, rouge à droite et vert à gauche. Au fur et à mesure que nous avançons, ils se rapprochent puis se croisent balisant maintenant l’ouverture du port. Nous regardons régulièrement le sondeur. Les sondes varient entre 5 et 7 mètres. Nous avançons de plus en plus lentement et entrons dans un immense bassin sans aucun éclairage. Ambiance fantomatique. Nous passons un appel à la VHF. La capitainerie nous répond rapidement et nous envoie une vedette qui arrive à pleine vitesse dans le bassin dont nous apprendrons qu’il est destiné à l’accueil de maxi-yachts dans les années à venir. En suivant la vedette nous franchissons une première chicane, traversons un deuxième bassin, puis à nouveau un passage plus étroit qui nous permet d’entrer dans un troisième bassin, très éclairé cette fois avec des pontons auxquels sont amarrés quelques voiliers et de nombreux bateaux à moteur. Il est environ 1h00 du matin. Lorsque je débarque pour faire les formalités on me signale que nous ne pourrons les faire qu’après la visite du médecin. 5 minutes plus tard, il arrive : « Vous n’avez pas de fièvre ? Pas de toux ? » Je tique un peu et réponds que non. Il m’ausculte plus avant, les yeux, la bouche : « Les autres membres de l’équipage non plus ? Pas de grippe ? » « Non, nous avons été vaccinés contre la grippe », lui réponds-je. La suspicion retombe un peu. Puis les gendarmes m’invitent à les suivre à la Capitainerie. Je suis entouré d’une dizaine de personnes qui vont et viennent. La police, la douane, la capitainerie, la gendarmerie. A chaque fois que je crois m’être acquitté des formalités après avoir rempli un formulaire, on me demande de changer de bureau et on m’en tend un autre. Je rentre tard au bateau. Nous décidons avec Amélie de repartir dès le lendemain matin. Le directeur du port nous offrira alors une casquette à chacun et un responsable du port ira remplir un jerrican d’essence pour nous dans une station service. Ainsi, même dans une Marina sans charme nous rencontrons toujours des gens très sympathiques.

De retour en Espagne

23mars

1Melilla.JPGPeu de nouvelles depuis une semaine ? C’est que les connexions wifi sont rares sur le littoral marocain. Et puis nous avons navigué tous les jours ce qui ne nous a pas laissé le temps de partir en quête de cybercafés. Nous comptions un peu sur notre balise Dolink pour indiquer notre position à ceux qui nous suivent, même si celle-ci donne des signes de faiblesse puisqu’elle ne communique pas toujours les positions attendues. En théorie, elle donne une position toutes les 24 heures lorsque nous sommes à l’arrêt et une position toutes les 4 heures lorsque nous sommes en route. En pratique c’est tout autre chose puisqu’elle a même mangé une de nos escales vendredi dernier à M’Diq. Mais enfin nous nous en contentons et nous apprécions de pouvoir donner une idée de notre itinéraire grâce à ce mouchard. Aujourd'hui nous avons fait le déplacement jusqu'à un cybercafé et vous trouverez ci-dessous de nouveaux billets dans l’ordre chronologique des escales : M’Diq, El Jebha, Al Hoceima. Nous sommes actuellement à Melilla (encore une enclave espagnole) à moins de 40 milles de l’Algérie. L’équipage est en pleine forme et a le toupet de se plaindre de la chaleur. Mais Léonie se rafraîchit sur le ponton avec le jet d'eau. Nous nous apprêtons à dire au revoir à l’Espagne pour la 4ème fois (déjà nous l’avions fait avant le Portugal en quittant Baiona, puis avant Tanger en quittant Cadix, et avant M’diq en quittant Ceuta). Nous projetons de faire escale à Saïdia demain et d'entrer en Algérie jeudi ou vendredi. Nous nous sommes organisés pour collecter le plus d’informations possibles sur les ports algériens. Notre cartographie électronique présente des limites auxquelles nous nous attendions d’ailleurs. Beaucoup de détails manquent et certains ports n'existent même pas selon Garmin et Bluechart. Heureusement nous avons quelques cartes papier que décidément rien ne remplace.

Al Hoceima

21mars

1alhoceima.JPGDépart d’El Jebha vers 12h00. Il pleut des cordes. Les pêcheurs ramandent les filets. Nous allons faire les formalités de sortie avec Léonie. En 15 minutes c’est réglé. Nous longeons les montagnes du Rif et croisons encore des dauphins auxquels Gustave ressemble de plus en plus. Le courant, favorable au début s’inverse rapidement et nous refoulons plus d’un nœud de courant pendant toute la journée. Si bien que nous arrivons de nuit à la pointe de Los Frailes que nous longeons de très près bord à bord avec deux gros bateaux de pêche. Nos appels à la VHF pour le port restent sans réponse. Nous entrons dans le premier bassin et interrogeons un membre de l’équipage du bateau de sauvetage pour savoir où il convient de nous amarrer. Ce dernier nous indique le gigantesque quai des ferries que nous nous décidons à rejoindre non sans hésitation. Nous débarquons et nous rendons au poste de police du port où les formalités d’entrée nous prennent deux heures. Heureusement ce sera plus rapide le lendemain matin. Nous repartons aux aurores car la route est longue jusqu’à Melilla, avec près de 2 noeuds de courant portant toute la journée, ce qui raccourcit considérablement notre traversée et nous permet d'arriver en milieu d'après-midi. Décidément nous sommes toujours surpris par les courants au Maroc. Aussi bien par leur direction que par leur vitesse. D'ailleurs le guide Imray parle de courants inexpliqués dans les parages.

El Jebha

20mars

el_jebha2.JPGBeaucoup de moteur aujourd’hui. Mais encore des dauphins. Ils nous auront accompagnés à chaque traversée depuis notre départ de France. La visibilité est assez réduite sur l’eau. Mais nous distinguons bien les grandes montagnes du Rif. Nous sommes surpris d’avoir du courant portant (plus d'un noeud) ce qui nous permet d’arriver assez tôt à El Jebha. Nous nous amarrons tranquillement au quai principal où nous attendent toutes les autorités locales. Les formalités sont accomplies assez rapidement mais on nous demande de nous déplacer et d’aller nous amarrer au bateau de sauvetage. Quelques minutes après la manœuvre, plus de dix énormes bateaux de pêche arrivent et s’amarrent là où nous étions. El_Jebha.JPGNous apprécions à leur juste mesure les conseils des gendarmes. Le chef de poste sympathise avec Léonie à qui il présente ses chats puis nous conseille un petit restaurant délicieux où nous dînons et où Léonie s’endort. Un autre chat viendra sur le pont de Raki pendant la nuit, pour voir si, là comme sur les bateaux de pêche, il y a quelques restes de poisson. Il repartira bredouille peu après.

M'Diq

19mars

M_diq3.JPGNous sommes partis de Ceuta en début d’après-midi. A peine trois heures plus tard nous arrivons dans un port de pêche très animé. On nous indique qu’il faut nous amarrer sur le ponton du Yacht Club. Les autorités nous empruntent les papiers du bateau et nos passeports et nous les rapportent une demi-heure plus tard. Nous nous attendions à plus compliqué. Pendant ce temps, nous assistons au retour de pêche de dizaines de bateaux. Puis nous débarquons pour une balade nocturne dans les rues de la ville où le marché bat son plein à 8h00 du soir. Nous dînons dans un délicieux restaurant de poissons (tagine de fruits de mer, salade de fruits frais, lotte grillée). M_Diq2.JPGM’Diq est actuellement concurrencée par les deux nouvelles marinas de Smir et Kabila pour les activités nautiques mais prépare sa riposte avec la construction d’un nouveau port pour accueillir les bateaux de plaisance et a conservé un Royal Yacht Club et une partie de ses bâtiments. Son président me donne des indications sur les ports où nous envisageons de faire escale, M_diq.JPGavant de me présenter un champion de laser et d’aller faire un brin de causette à Amélie et Léonie pendant que je termine les formalités de sortie avec la gendarmerie. Amicalement il leur cite la célèbre maxime : « il y a trois sortes d’humains : les vivants, les morts et ceux qui naviguent. »

Aux portes de la Méditerranée

15mars

DSC03342.JPGAprès une belle escale à Tanger (photo) et un passage somptueux du détroit de Gibraltar par beau temps, au milieu des cargos et des rorquals communs, nous voici à Ceuta, aux portes de la Méditerranée. Il nous aura fallu un peu plus d'un mois pour rejoindre la mer Méditerranée et voici un premier bilan d'étape. Nous avons parcouru 1280 milles nautiques en 240 heures environ. Ce qui fait une moyenne de 5,3 nœuds. Nous sommes arrivés souvent de nuit dans les ports où nous avons fait escale (7 fois sur 12). Nous avons fait environ 40 heures de moteur (entrées et sorties de port comprises) et consommé 60 litres d'essence. Le pilote automatique a barré à notre place pendant un peu plus de 60 heures. Nous aurions pu l'utiliser davantage mais nous nous sommes limités parfois pour des raisons d'économie d'énergie. A ce sujet, le panneau solaire ne donne vraiment que depuis Lagos en Algarve. Avant, seule l'éolienne chargeait et cela n'a jamais permis de compenser complètement notre consommation électrique. Nous n'avons toujours pas terminé la première bouteille de gaz, avons utilisé 3 plaquettes de beurre, 1 bouteille de whisky, et 120 couches pour Gustave. Nous n'avons pas comptabilisé les autres denrées. Nous avons perdu 3 aussières, cassées lors de la tempête de Porto et une tasse et un dessous de plat en faisant la vaisselle. Notre escale à Ceuta va durer quelques jours car nous laissons passer le fort levanter (vent d'est) qui s'est établi depuis hier soir. Nous en profitons pour préparer les navigations à venir le long des côtes du Maghreb. Nous allons faire quelques menus travaux sur le bateau : entretien du moteur, matelotage, nouvelles fixations pour le mât de l'éolienne, vernis dans le cockpit pas terminés avant le départ, fixation de garcettes de ris sur le foc de route, etc. Puis nous ferons quelques achats avant le départ : avitaillement et cartes marines.

Tanger

13mars

Delacroix_Mariee.JPGLes pavillons changent chaque jour sous la barre de flèche tribord de Raki. Le pavillon portugais avant-hier, le pavillon espagnol hier et le pavillon marocain aujourd'hui. Coucher de soleil sur Tanger ce soir et puis arrivée dans un port en effervescence : pêche, fret, ferrys... Nous sommes surpris nous-mêmes d'avoir changé de continent si vite. Nous allons maintenant étudier les fichiers pour savoir quand il sera possible de passer le détroit de Gibraltar. Quelques images vidéos à venir des navigations des deux derniers jours. A présent, il ne nous reste plus qu'à ranger, manger, et langer avant balade à Tanger demain. Nous sommes impatients.

Et au bout du Portugal, il y a...

10mars

Leonie_entre_Espagne_et_Portugal.JPGAu bout du Portugal, il y a... encore l'Espagne ! Nous avons terminé notre tour du Portugal. Nous sommes au bout mais pas à bout car nous reviendrons. Nous avons décidé de nous arrêter sur la rivière qui sépare le Portugal et l'Espagne, le rio Guadiana. Le bateau est côté portugais, mais cet après-midi, nous sommes allés boire un verre en Espagne avec le bac qui traverse le fleuve. Ernest, le pingouin de Léonie, était de la partie. Nous nous mélangeons un peu entre les gracias et les obrigado, et entre les hasta luego et les adeus. Mais l'important est que le climat est le même des deux côtés de la frontière : beau temps et températures en hausse. Nous allons profiter de la journée de jeudi pour faire un peu de ravitaillement et de ménage puis nous repartirons vendredi vers l'est car nous ne saurions résister plus longtemps à l'appel de Cadix.la_belle_de_Cadix.JPG

Lagos

9mars

Lagos_-_Caravela_Boa_Esperanca.JPGNous venons d'apprendre qu'en France, des milliers d'automobilistes ont été surpris par la neige. Ici, à Lagos, il fait 25 degrés à l'ombre et on commence à s'organiser pour se protéger de la chaleur. Crème solaire obligatoire. Nous avons reçu des questions par mail concernant la ville où nous faisons escale. Après avoir fait cybercafé, nous nous changeons donc en office du tourisme pour l'occasion : Lagos fut au 15ème siècle le tremplin des expéditions transocéaniques portugaises. Le prince Henri le Navigateur (1394-1460) y passa l'essentiel de son existence. Il fut l’instigateur des grandes découvertes qui allaient transformer le monde pendant les siècles suivants. Il organisa notamment les expéditions qui permirent aux Portugais de découvrir et de s’emparer de l’archipel de Madère en 1419 et des Açores en 1427. A son service, Gil Eanes fut le premier européen à passer en 1434 le cap Bojador au Sahara occidental, le point le plus méridional de la côte de l’Afrique connu des Européens. Afin d’aller plus loin, Henri fit mettre au point un nouveau type de navire, la caravelle qui fut plus tard utilisée par Christophe Colomb pour découvrir l’Amérique. On en trouve aujourd’hui une reconstitution à Lagos, amarrée au premier ponton en entrant : la caravelle Boa Esperança (photo). Moins de trente ans après la mort d’Henri le navigateur le cap de Bonne-Espérance fut passé par Bartolomeu Dias et Vasco de Gama atteignit l’Inde peu après. L'ancienne capitale du Nigeria, Lagos, est une colonie de la ville portugaise. C'est encore à Lagos que les premiers esclaves furent ramenés en Europe.

L'avant Tage

1mars

tramway_Lisbonne.jpgTourisme à Lisbonne. Grand soleil, 18 degrés à l'ombre et déjeuner en terrasse sous un palmier. Un avant goût de ce qui nous attend dans les semaines qui viennent ? Le tramway lisboète est toujours aussi joli et le Tage attend Raki qui reprendra la mer dans deux ou trois jours. Nous avons une pensée pour ceux qui ont subi la tempête venue du Portugal ainsi que pour ceux qui ont repris le travail aujourd'hui.

Coup de tabac sur Porto

28février

Ce qui est passé sur Porto aujourd'hui était d'une violence rare. Le vent de sud ouest a commencé à fraîchir vers 7h00 ce matin. Il est monté à 30 nœuds vers 10h00. De violentes rafales se sont abattues sur le port à 14h00 : 40 nœuds, 45 nœuds. Puis tout s'est emballé entre 15h00 et 16h30. Les anémomètres affichaient 50 nœuds, 55 nœuds. L'eau de l'avant port est devenue blanche d'écume. La mer s'est mise à fumer. Les bateaux prenaient 20 ou 30 degrés de gîte dans le port. De quoi se faire quelques belles frayeurs lorsqu'on voyait les bateaux bondir en tous sens et les vagues submerger le môle et passer à l'horizontale au dessus du port. Puis tout est retombé en quelques dizaines de minutes entre 17h00 et 17h30 et le vent a basculé à l'ouest aussi vite pour s'établir au nord ouest à 18h00 pour 15 nœuds. Le port a résisté sans trop de casse. Des catways se sont arrachés dont celui auquel Raki était amarré, de nombreux taquets ont pris du jeu sur les ponts, beaucoup de bouts ont cédé mais aucun bateau n'a été trop abîmé. La dépression se déplace vite vers le nord-est à présent et doit aborder les côtes françaises ce soir et demain après avoir traversé le Golfe de Gascogne. Et nous qui pensions trouver un printemps anticipé en prenant du sud, nous sommes obligés de reconnaître le bien fondé de tel proverbe portugais qui dit : "en février, ne te dis pas que ça y est".


Coup de tabac sur Porto

Lisbonne par la terre et tout le tremblement

26février

meteo_pour_samedi_27_fevrier_2010.jpgLe vent a molli cette nuit. Mais la mer est toujours très formée et une nouvelle dépression va remonter le long du Portugal dans la journée de demain avec des vents de 40 nœuds et des rafales à 50 nœuds. Les amortisseurs de caoutchouc vont encore être très sollicités. Une rotation est prévue pour mercredi prochain. Le vent devrait s'orienter à l'est puis au nord, nous permettant de reprendre notre route vers le sud. En attendant, nous continuons nos visites à Porto et dans les environs, nous honorons les invitations d'amis rencontrés à Matosinhos et nous nous apprêtons à tirer un bord vers Lisbonne par la terre car nous ne sommes pas sûrs d'y faire une longue escale avec Raki. En effet, l'appel de l'Afrique commence à se faire sentir à bord et les envies de baignade ne se taisent plus.

La tempête de Madère

21février

Nuit agitée à Porto. Le vent a soufflé très fort cette nuit et les bateaux dansaient sur les catways. Raki y a laissé deux aussières. Mais ce n'est rien à côté de la tempête qui a provoqué les inondations meurtrières de la nuit précédente à Madère. Tous les marins en parlent ici et semblent très affectés. En lien les images de la TV portugaise.

http://tv1.rtp.pt/noticias/index.ph...