Nantes-Méditerranée à la voile

Ithaque

27juin

Nous sommes arrivés à Ithaque le samedi 26 juin au louvoyage par 25 noeuds de noroît. Dans l'entrée, le vent accélère sous l'effet des reliefs qui la bordent et nous avons pris quelques belles rafales. Nous commençons à comprendre qu'Ulysse, saccageur de villes, ait eu tant de difficultés à revenir de Troie et qu'il ait dû user de toute sa metis (sa ruse, pas l'amie de Julien Clerc) pour échapper aux mauvais coups de la mer vineuse. Nous avons amarré Raki au quai de Port Vathy qu'Homère appelait le Port du vieux Phorcys, roi des phoques.


Lépante

24juin

DSC04047.JPGRaki est amarré dans le minuscule port médiéval de Lépante, au pied des remparts, depuis ce matin. Pour aller jusqu’au château, Lépante est raide et la route est droite. Petit clin d’œil aux millions de manifestants qui ont investi les rues de France aujourd’hui parce qu’en deux ans de retraite, on fait quatre fois le tour que nous sommes en train d’accomplir. Cela devrait donner à réfléchir à nos gouvernants, non ? L’équipage s’apprête à repartir vers l’ouest demain et les jours prochains pour sortir des golfes de Corinthe et Patras et aller rendre visite au vieux roi d’Ithaque. Nous partirons dès que viendra l’aurore aux doigts de rose et espérons échapper aux forts vents qui balayent le couloir dans lequel nous nous trouvons.

D’Athènes au Golfe de Corinthe

22juin

IMG_0510.JPGNous avons quitté Athènes jeudi dernier. La traversée vers le canal de Corinthe s’est faite au louvoyage dans une bonne brise de 20 noeuds. Le soir, nous avons mouillé à Kalimaki, une petite baie située juste au nord de l’entrée du canal. Vendredi, en fin de matinée, nous avons embouqué le canal sous un soleil de plomb. Nous avons ensuite tiré vers Itea dans le petit temps. A l’approche de Galaxidi, nous avons fait les frais d’une dispute entre Apollon et Poséidon, l’ébranleur de la terre. Le ciel s’est couvert, puis est devenu tout noir. Les éclairs ont fusé de toutes parts. Et plus nous approchions du port, plus le ciel s’obscurcissait. Nous avons hésité à changer de destination. Soudain, des milliers de moutons blancs se sont formés sur le vaste dos de la mer. Le vent est monté à 20, puis 25, puis 30, puis 35, puis 40, puis 45 nœuds. Plus moyen de gagner au vent sans coucher le bateau. DSC04040.JPGNous avons dû faire demi-tour et partir en fuite à 6 nœuds à sec de toile. La mer poissonneuse s’est creusée rapidement pendant que le drapeau national de Raki, déjà bien fatigué par ses 4 mois de mer, rendait ses derniers soupirs. Nous avons enfilé les vestes de quart que nous n’avions plus porté depuis des semaines. Tout l’équipage s’est équipé de gilets et de harnais. Nous avons alors envisagé deux cas de figure : retourner à Corinthe ou profiter que nous avions de l’eau à courir pour attendre la bascule de vent et filer vers Lépante. Amélie a préparé le foc de route arisé puis nous l’avons envoyé en valsant un peu sur le pont. Au bout d’une heure, le vent a molli et a pris de l’ouest nous permettant alors de lofer et de commencer à retourner vers Galaxidi. Bilan, 12 milles de route en plus et une belle frayeur. Nous craignions particulièrement que le vent monte encore ou que la mer se forme davantage. IMG_0480.JPGBien contents d’arriver, nous nous sommes promis d’aller visiter Delphes le lendemain pour rendre un petit hommage à Apollon qui nous a sorti de ce mauvais pas. Léonie a pris son carnet de croquis et nous sommes allés au musée où nous avons pu voir le nombril du monde (cf. photo). C’est Zeus qui l’avait localisé en envoyant deux aigles, l’un vers l’Ouest et l’autre vers l’Est. Ils s’étaient retrouvés à Delphes. Léonie a ensuite croqué tous les monuments du sanctuaire d’Apollon et commis une petite prière à la manière de la Pythie en guise d’ex-voto. L’autobus nous a ramené à Galaxidi le soir. IMG_0519.JPGEt le lendemain matin nous avons appareillé à 5h00 pour profiter des calmes matinaux. Mais dès 9h00, le vent est monté de nouveau pour atteindre la force de 30 nœuds. Après 4 changements de voiles d’avant, nous avons louvoyé sous grand voile et foc de route arisés jusqu’à la belle île de Trisonia où nous attendons à présent que la météo se montre plus clémente, peut-être jeudi.

Canal de Corinthe

18juin

2ème Bilan d’étape

16juin

Cadre_voyage_en_Mediterranee.pngNous sommes arrivés au point le plus Est de notre croisière avec une longitude de 23°39’ Est. Nous sommes plus à l’Est que Varsovie et exactement à la longitude de Riga en Lettonie. Il nous aura fallu 3 mois et 27 escales pour atteindre Athènes depuis le détroit de Gibraltar. La longitude la plus occidentale du voyage était à Cascaïs (Entée du Tage) : 9°25’ Ouest, sur le même méridien que le Liberia. La latitude la plus méridionale était à Saïdia (frontière algéro-marocaine) : 35°07’ Sud, sur un parallèle un peu au sud de Téhéran, ou encore entre Los Angeles et San Francisco. Le rectangle dessiné sur la carte ci-dessus encadre notre périple. Notre objectif à présent est de retrouver la position de départ : 47°12’ Nord et 1° 34’Ouest, autrement dit le quai de la Fosse à Nantes. Nous visons une arrivée en fanfare le samedi 28 août à 18h00 (qui a dit qu’on ne peut jamais prévoir en voilier ?). Depuis notre entrée en Méditerranée, nous avons parcouru 1936 milles nautiques pour une moyenne de 5,15 nœuds. Nous avons passé 30 journées en mer et 11 nuits. Six fois nous avons fait des traversées de plus de 100 milles nautiques (174 milles entre Oran et Cherchell, 102 milles entre Alger et Béjaïa, 159 milles entre Jijel et Annaba, 134 milles entre Pantelleria et Malte, 360 milles entre Malte et Katakolon, 113 milles entre Kalamata et Monemvasia). La moyenne par étape est de 71,70 milles nautiques. Selon les cas, nous nous sommes arrêtés soit une nuit, soit plusieurs. Nos escales de plus d’une journée furent celles de Melilla (3 jours), Ghazaouet (2 jours), Oran (9 jours), Cherchell (2 jours), Alger (9 jours), Jijel (3 jours), Tabarka (4 jours), Sidi Bou Saïd (10 jours), Pantelleria (8 jours), Malte (3 jours), Katakolon (3 jours), Kalamata (3 jours), Monemvasia (2 jours), Epidaure (2 jours), Le Pirée (5 jours). Il n’y a qu’à Jijel et à Pantelleria que nous avons dû prolonger l’escale à cause du mauvais temps comme cela avait déjà été le cas à Porto dans la tranche précédente. Nous avons pu vérifier que la Méditerranée est une mer capricieuse. Nous avons eu des conditions de vent et de mer difficiles à l’approche de Cherchell, à Rembrandt-Tempete.jpgl’approche d’Alger, dans la baie de Skikda, à l’approche de Bizerte, à l’approche de Pantelleria et au départ de Malte. Mais à l’opposé nous avons aussi eu beaucoup de calmes puisqu’en 3 mois nous avons fait presqu’autant de moteur que de voile et consommé 255 litres d’essence. Le bateau a bien résisté et nous n’avons à déplorer que la perte d’un petit seau un peu trop vite jeté à l’eau dans le port de Pantelleria et quelques pannes électrique qui ont facilement été réparées (éclairage du compas de route, lampe de cuisine). Le GPS traceur a perdu un peu de notre confiance depuis qu’il n’accepte plus de s'allumer pendant de longues périodes. Les voiles n’ont pas trop souffert et même les vernis tiennent à peu près le coup. Nous n’avons plus eu de problème de charge électrique depuis Gibraltar puisque le panneau solaire a efficacement complété l’éolienne. Enfin le nom du bateau n’a jamais été un obstacle même s’il aurait pu passer pour une anagramme malheureuse en Algérie ou réveiller la vieille hostilité anti-turque en Grèce à cause de l’homonyme alcoolisé. L’équipage a eu quelques bobos. Léonie a contracté une simili-scarlatine à Pantelleria. Elle a aussi fait une belle chute à Epidaure (le coude et la hanche un peu amochés). Amélie regrette d’avoir voulu faire couleur locale en s’offrant des sandales en cuir à Monemvasia : ses pieds sont couverts de plaies. Sylvain a eu des crampes d’estomac à Jijel et Gustave est toujours le plat préféré des moustiques. Il a de plus testé de la tête à peu près toutes les parties du bateau. poussette_out.JPGQuant à la poussette, après avoir sillonné des dizaines de kilomètres dans les rues et sur les routes d’Afrique et d’Europe, elle a rendu l’âme à Athènes. Nous l’avons ramenée au Pirée dans un brancard et allons à présent l’enterrer après avoir fait quelques libations. Nous n’avons croisé aucun voilier naviguant au Maroc et en Algérie. Ce n’est qu’à partir de la Tunisie que nous avons rencontré d’autres équipages en route comme nous, notamment Steve et Melissa (Sidi Bou Saïd), Ann et Kevin (Sidi Bou Saïd), Julien et son équipage (Pantelleria), Jean-Luc Van Den Heede et son équipage (Pantelleria), puis plusieurs équipages anglais et français à Katakolon, à Kalamata, à Monemvasia où nous avons fait la connaissance de Georges, Zlata et Violette, à Hydra et à Epidaure. Lors de nos escales, nous avons beaucoup circulé à terre. Pour nos déplacements, nous avons utilisé des bus, des taxis, des voitures de location, des trains. Nous retiendrons particulièrement la ville d’Oran, la ville d’Alger et la ville de Béjaïa, trois villes magnifiques où nous nous sommes sentis chez nous. Nous avons aussi beaucoup aimé la ville de Tunis pour son intense activité. Nous avons passé du bon temps à l’île de Pantelleria qui nous a semblé être un bout du monde. Nous apprécions à présent la Grèce pour la beauté des paysages et pour ses majestueux sites antiques.La_6eme_caryatide.JPG Nous avons du mal à nous remettre des émotions que nous avons ressenties dans la plaine de Sparte, dans le stade d’Olympie, dans le théâtre d’Epidaure ou, hier encore, à l’Agora d’Athènes. Pour nos balades, nous avons utilisé les mentions contenues dans les instructions nautiques et les incontournables Guides du Routard. Nous avons aussi essayé de retrouver les lieux évoqués dans les bouquins que nous avons embarqués ou qui flottaient dans nos souvenirs de lectures plus anciennes. Nous n’avons eu aucun problème de ravitaillement et notre système de Jerricans est tout à fait fonctionnel : 4 jerricans de 10 litres d’essence et 3 jerricans de 10 litres d’eau toujours complétés par quelques bouteilles d’eau minérale. Le beurre ne tient plus dans le bateau depuis Malte. Nous allons maintenant entamer le voyage du retour même si nous savons qu’en ces contrées les retours sont parfois interminables et nous renonçons à Istanbul car nous serions alors obligés d’adopter un rythme de convoyage qui nous priverait des escales que nous envisageons de faire en Italie et en Corse. Le retour devrait s’organiser en plusieurs temps : 1. Le Canal de Corinthe et la remontée jusqu’à Corfou dans la semaine qui vient. 2. L’Italie du Sud et la Sicile fin juin-début juillet. 3. Naples, Rome, les îles toscanes et la Corse dans les 3 premières semaines de juillet. 4. Marseille et Sète fin juillet où nous retrouverons des amis et de la famille. 5. Le Canal du midi la première quinzaine d’août. 6. La Gironde, la Rochelle, et Nantes fin août. Nous sommes sur le retour, certes, mais en relisant ces dernières lignes, nous nous disons que nous avons encore du pays à voir et que nos grandes vacances sont loin d’être terminées.

Chez Socrate

15juin

Avec la chaleur qu'il fait à Athènes, il est impératif de se ménager tout l'après-midi en se mettant à l'ombre. On devise alors sur tout et rien. Pas étonnant qu'on y ait inventé la philosophie.

Le théâtre d'Epidaure

12juin

Malvoisie

9juin

DSC03944.JPGRAKI continue son tour du Péloponnèse. Les températures deviennent scandaleusement élevées et il devient difficile de se protéger de la morsure du soleil hellène. Nous avons quitté Kalamata lundi en fin d'après-midi. Au louvoyage d'abord dans la fin du thermique puis au portant dans une bonne brise d'ouest qui a rapidement monté une mer assez creuse. Nous avons traversé le Golfe de Laconie pendant la nuit et avons longé Cythère au petit matin. Nous avons eu beau scruter aux jumelles, nous n'avons pas vu le pendu de Baudelaire qui a probablement été décroché depuis. Certains se demandent peut-être pourquoi ce nom, Cythère. Antoine_Watteau_034.jpgC'est tout simplement par respect pour les habitants d'ordinaire assez laconiques. Le cap Maleas nous a laissé passer en mer Egée sans aucune difficulté et nous sommes arrivés à Monemvasia appelée aussi Malvoisie (car on ne boit pas que de l'Ouzo en Grèce) en début d'après-midi. Léonie a immédiatement sympathisé avec Violette, la petite équipière du voilier voisin. Nous reprenons le mer aujourd'hui et visons Athènes dans les prochains jours.

Léonie et Léonidas

7juin

Leonie_et_Leonidas.JPGLa rencontre a eu lieu à Sparte hier. Léonie sait gré au célèbre général d'avoir su tenir tête aux Perses lors de la bataille des Thermopyles. Elle aime bien aussi les hamburgers qu’on sert à Sparte dans les tavernes de la place centrale et les cerises qu’on peut acheter sur le bord de la route qui conduit à la cité. D’ailleurs, elle trouve que Sparte ça sonne un peu comme Smarties. Elle s’est fait offrir une carte de toute la Laconie par le gardien du musée et savait bien qu’il n’y avait plus de piles dans l’appareil photo et qu’il était préférable d’utiliser la caméra vidéo puisqu’elle prend aussi des photos. En somme c’était une journée bien remplie sur les traces des valeureux Lacédémoniens et Léonie la retiendra pour toutes les grandes histoires que nous avons réveillées et parce que, dans la voiture, elle a pu emporter son lecteur DVD pour visionner Bonne Nuit les Petits à l’aller et Crin Blanc au retour.

Bouteille à la mer

6juin

Gustave_a_la_barre.jpgGustave a huit mois aujourd’hui. Il est très gentil, très aimant et sait se montrer serviable en toutes circonstances. Mais à ce jour, il ne sait toujours pas qui voudra bien le garder pendant l’année scolaire 2010-2011 alors que Léonie sera à l'école et leurs parents au travail. Ces derniers ont multiplié les démarches auprès des services municipaux et des relais d’assistantes maternelles mais sans succès. Faudra-t-il que ce charmant garçon soit livré à lui-même des jours entiers ? Veut-on qu’un si délicieux bambin succombe aux tentations de la rue ? Nous sommes certains que non et qu’une âme charitable saura se porter à son secours. Puéricultrices, assistantes maternelles, ou toute personne en ayant une dans son carnet d’adresses, ce message vous est destiné car vous pouvez inverser le cours des choses.

Hocus Pocus

5juin

Pinoches_2008_038.jpgIl faut avouer qu’il ne fut pas aisé de nous résoudre à produire les aveux qui suivent. Nous avons bien cherché à étouffer l’affaire en comptant sur le temps qui passe. Mais l’esprit de responsabilité qui caractérise les gens de mer associé au devoir que nous avons chevillé au corps nous ont commandé de rendre compte. Notre motivation s'est trouvée renforcée par cinq nuits d’insomnie à l’idée de devoir, ete_2007_307.jpgcomme deux fois déjà par le passé, porter autour du cou un trophée humiliant (cf. photos). Et puis à tous les coups, un Apocien déguisé en Grécien était dans les parages au moment du drame et nous n’aurions pas pu tromper plus longtemps les membres avisés du Bureau. Tant qu’à se faire balancer, autant jeter nous même le premier pavé dans la mare. Voici donc :

RAPPORT DE MER

Nous, en charge du commandement du navire à voiles RAKI, d’une jauge brute de 6,30 tonneaux, immatriculé au Quartier Maritime de Paimpol (Côtes du Nord) déclarons :
Alors que nous faisions route vers le quai de Katakolon (Grèce occidentale) en ce matin du 30 mai de 2010, à la vitesse de 3 nœuds, le lest de fonte du vaisseau a violemment percuté un haut fond rocheux qui figure pourtant sur toutes les cartes (même sur les cartes électroniques de Garmin alors que tout le reste est faux) à la cote de 1 mètre et moins sous le niveau de la mer. Il nous fut très difficile de nous déséchouer à l’aide du moteur auxiliaire et d’amples mouvements de barre.
L’affaire aurait pu en rester là si, au même moment, la cloison structurelle du navire n’avait été heurtée violemment à son tour par le crâne du bosco Gustave qui, conscient de sa faute, a fondu en larmes sans délai. Nous l’avons puni de 10 jours de fers pour avoir cru bon de s’amuser à un moment si délicat.
Nous implorons donc la clémence du Bureau qui saura sans doute reconnaître que :
1 - certains ont déjà payé pour notre erreur, ne l’oublions pas
2 - faute avouée est à moitié pardonnée (or quand on dit « à moitié saoul » ça veut dire plus en général)
3 - les rochers gréciens c’est quand même moins dur que les caillasses du Ferlas
4 - il était très tôt le matin et le maître de port n'est arrivé qu'après l’incident que nous avons soigneusement tu
5 – le bateau a 44 ans ce qui fait une sacrée décote de vétusté
Fait à Kalamata le 5 juin de l'an 2010

Pour ceux qui auraient eu un peu de mal à saisir les implicites contenus dans ce billet, il est recommandé de cliquer sur le lien APOC ci-contre.

Léonie et Gustave aux Jeux Olympiques

1juin



Traversée de la Mer Ionienne

31mai

IMG_0407.JPGKalimera. Nous sommes arrivés dimanche matin chez les Gréciens, dixit Léonie qui de toutes façons préfère parler anglais désormais . Premier pas sur le continent européen depuis bientôt trois mois. Nous avons avalé les 360 milles de Malte à Katakolon en 68 heures (3 nuits et 3 petits jours). L'équivalent de deux Transmanches en double, n'est-ce pas Claude ? Un tiers sous inter et grand-voile à un ris, un tiers sous spi et un tiers au moteur dans les petits airs de la dernière nuit. Les îles de Céphalonie et de Zante étaient visibles dès samedi soir alors qu'elles étaient encore à 50 milles. Les enfants ont très bien supporté la traversée. Gustave en a profité pour s'exercer à de nouvelles vocalises en ta-ta-ta-ta, de préférence au moment où l'un d'entre nous descendait dans le carré pour récupérer un peu. Et Léonie, un peu malade après la première nuit, a été très vite davantage préoccupée de savoir quand tomberait sa première dent que quand on arriverait. Sous une lune très lumineuse la nuit et avec une chaleur croissante de jour en jour, nous avons croisé beaucoup de cargos qui faisaient cap sur le sud du Péloponnèse ou sur la mer Adriatique - les marins de quart la nuit s'amusaient à faire des blagues et des imitations sur le 16 -, un voilier en route pour la Sicile et quelques dauphins le deuxième matin. Au programme à présent, virée à Olympie, Sparte et Mistra par la terre puis le tour du Péloponnèse à la voile par Methoni, Kalamata et le cap Malée en espérant que nous ne finirons pas chez les Lotophages qui pourraient nous faire oublier le chemin du retour. Nous remonterons ensuite vers Hydra, Egine et Athènes avant de commencer notre route vers l'ouest par le canal de Corinthe et Ithaque, l'île d'Ulysse dont Homère - que Léonie apprécie beaucoup dans les Simpsons - a rapporté les errements. Nous ferons peut-être un petit arrêt à Nikopolis où Octave à mis la pâtée à Antoine (Octave à qui Gustave a emprunté un peu de son Auguste). Puis de Corfou nous traverserons le sud de l'Adriatique pour rejoindre le pays de Monica Bellucci dont nous venons d'apprendre qu'elle a mis au monde une petite Léonie. Mais avant tout cela nous attendons une souris cette nuit. Elle trouvera sous l'oreiller de Léonie une dent de lait et une lettre (en grécien évidemment) pour lui demander de ne pas emporter la dent car Léonie tient beaucoup à la conserver.

En route pour la Grèce

27mai

mer_Io_carte.jpgNous avons passé 3 jours à Malte où n’aurons trouvé ni le faucon ni Corto. En revanche la nouvelle balise Dolink est arrivée et nos positions apparaissent de nouveau sur la carte ci-contre. Nous nous sommes aussi équipés de cartes marines de détails pour la Grèce car il n’a pas été possible de réparer le GPS traceur. On nous a bien proposé de nous en vendre un neuf à 2100 € mais nous avons gentiment répondu que nous n’avions pas les moyens ce qui dans cette petite suisse méditerranéenne a paru presque incroyable. Nous regrettons un peu de n'avoir pas pu répondre à tous les mails. Mais le temps presse et en milieu de journée, nous appareillerons pour la plus grande traversée du voyage (environ 350 milles). Nous devrions atterrir entre Céphalonie et Katakolon dimanche ou lundi prochain. La fenêtre météo est étroite car le vent favorable dans un premier temps devrait basculer au Nord puis à l’Est en fin de parcours. Nous avons hâte de goûter aux petits mouillages ensoleillés du Péloponnèse.

Les douches de Grand Harbour Marina

26mai



Malte

24mai

DSC03900.JPGNous sommes arrivés à Malte dimanche après-midi après avoir enroulé Gozo et en slalomant entre les bateaux qui régataient devant La Valette. Entrée magique dans un port magnifique. Nous avons décidé de relâcher à Grand Harbour Marina même si les tarifs sont un peu prohibitifs. C’est que nous n’avons pas pu prendre de douche depuis Sidi Bou Saïd, il y a dix jours… Nous avons un programme chargé à Malte : ravitaillement pour la virée en Grèce, réparation du GPS traceur qui commence à donner des signes de fatigue, réception et mise en route de la nouvelle balise Dolink qui a été expédiée avant-hier de France, et bien sûr deux à trois douches par jour.

Dauphins entre Pantelleria et Malte

23mai


10, 20, 30 dauphins font un festival autour de Raki toute la journée et toute la nuit

VDH

22mai

DSC03892.JPGPantelleria est une île battue par les vents, isolée au milieu de nulle part. Nous nous apprêtons à partir dès que le vent et la mer se seront calmés, demain matin selon la météo italienne. Nous sommes donc surpris, depuis la terrasse du café où nous sirotons un jus de fruit, de voir un voilier entrer dans le port. Peut-être a-t-il été mal informé sur les conditions météo. Le vent a un peu molli certes, mais la mer est toujours très formée. Nous rencontrons l’équipage sur le quai en rentrant à bord en fin d’après midi. Nous commençons un brin de causette quand tout à coup arrive le skipper dont nous reconnaissons immédiatement la silhouette, celle de Jean-Luc Van Den Heede, quintuple tourdumondiste et tenant du titre depuis 2004, du "Global Challenge", le record du tour du monde en solitaire à l'envers réalisé contre vents et courants. Nous comprenons mieux la tranquillité d’esprit de l’équipage qui était simplement allé mouiller à Cale di levante pour découvrir l’île. Le soir nous nous retrouvons dans la pizzeria la plus courue de Pantelleria et le lendemain matin, nous organisons une séance photo sur le pont du 52 pieds. Sur la photo ci-dessus, on peut voir dans ses yeux que Gustave a déjà emprunté un peu de la féroce détermination du champion. Léonie est ensuite invitée à faire la visite « d’un grand bateau » où elle repère trois cabinets de toilettes ! Nous appareillons enfin vers 10h00 à trois bateaux avec Sailaway, le beau bateau en acier de Kevin et Ann. Le 52 pieds de VDH va de nouveau explorer les petits mouillages de l’autre côté de l’île alors que nos amis anglais et nous mettons le cap sur Malte. Après une heure de navigation de conserve dans les petits airs, nous abattons un peu et envoyons le spi. Rapide vacation VHF pour se dire au revoir avec Jean Luc Van Den Heede et pour se donner rendez-vous à Nantes fin août pour le retour de Raki puis nous voyons son bateau disparaître derrière l’île.

English party

21mai

SDC10426.JPGKevin et Ann, nos voisins, nous ont invités ce soir. Une bonne occasion de fêter l’anniversaire d’Amélie. Le gâteau de Pantelleria a tenu sa promesse : meringue, crème et fraises des bois. Gustave en embuscade (cf. photo) a même eu le droit d’en manger un peu. Léonie a un peu cru que c’était encore son anniversaire (on prend vite des habitudes). Nous avons entonné un Happy Birthday très anglais et Amélie a soufflé deux bougies (une de 6 et une de 3 ou peut-être l’inverse). Nous avons passé une excellente soirée. Demain nous devrions faire route ensemble vers Malte où nos hôtes ont rendez-vous avec des amis. Quant à nous, nous y préparerons la traversée vers la Grèce.

100 jours

18mai

bicorne.jpg Voici 100 jours que nous sommes partis. D'aucuns n'en ont pas eu un de plus pour essayer de reconstituer un Empire alors que nous n'en sommes qu'à la moitié de nos grandes vacances... Nous savourons.