Nantes-Méditerranée à la voile

Adieu l’Afrique

14mai

DSC03887.JPGNous y aurons passé plus de deux mois très heureux et nous n’avons pas fini d’en parler. Mais maintenant nous taillons vers l’Est. Cap sur Pantelleria, petite île volcanique italienne à 60 milles au sud de la Sicile. Nous y arrivons avec du vent de noroît assez soutenu. D’ailleurs il va se renforcer et s’installer à 30 ou 35 nœuds pour 4 jours. Nous avons donc le temps de visiter toute l’île, à commencer par le lac volcanique où nous fonçons nous baigner. Les bains de boue y sont très prisés. Nous retrouvons avec un certain appétit le vin et les jambons dont nous nous sommes un peu privés au Maghreb. Nous avons aussi visité les urgences de l’Opedale de l’île où Léonie a été auscultée pour une forte fièvre. Le médecin italien s’est montré rassurant et a prescrit du repos. Nous ne repartirons donc que mercredi ou jeudi. En attendant voici donc quelques nouveaux billets sur le blog dont nous venons de découvrir qu’il n’indique plus les positions du bateau depuis plus d’une semaine. Dolink joint par téléphone propose de nous expédier une nouvelle balise à Syracuse d'ici quelques jours. Espérons que cela marchera.

6 ans à Carthage

12mai

Léonie a feté ses 6 ans chez Hannibal.

Pendant que Raki prend un peu de repos

11mai

DSC03791.JPGGustave apprend la position debout. Léonie se fait des dizaines d’amis. De l’épicier du port au barman du café en passant par les marins et les ouvriers qui travaillent dans le chantier naval. Elle est rapidement connue de tous, et se fait même comprendre des deux équipages anglais avec qui nous sympathisons. DSC03793.JPGNous prenons le temps de visiter la Medina de Tunis (cf. photo de Léonie devant la porte d’entrée), Carthage, le musée du Bardo pour y découvrir les magnifiques mosaïques antiques et la Marsa. DSC03822.JPGNous passons une après-midi au zoo de Tunis où un gardien nous emmène voir de plus près Mike le tigre et ses amis les lions. Rugissements et coups de griffes ont produit leur effet sur les enfants (et sur les parents aussi).

Sidi Bou Said (t)arret prolongé

10mai

Raki fait une pause de quelques jours.

Bizerte – Sidi Bou Saïd

2mai

DSC03785.JPGLe temps est beau toute la matinée. Après avoir passé une heure sur le rouf où elle avait trouvé refuge, Léonie accepte de redescendre lorsque nous envoyons les voiles. Dans l’après-midi, l’orage revient avec ses éclairs. Nous ne traînons pas et gagnons Sidi Bou Saïd aussi vite que possible. Sidi Bou Saïd est le port de plaisance de Tunis, à deux pas de Carthage et de la Marsa. Le port est bien équipé et nous envisageons de sortir Raki de l’eau pour savoir ce qui gratte sous la coque. Finalement la capitainerie nous informe que la grue est en panne et qu’il faut traiter avec Magyd qui a quelques engins avec lesquels il devrait pouvoir nous sortir de l’eau. Mais ce dernier commence par refuser car Raki est trop grand (si, si). Mais le lendemain, après un nouvel échange, il finit par accepter de lever Raki avec un genre de Fenwick à la fourchette rallongée. Nous ne faisons pas les fiers.

Tabarka – Bizerte

1mai

DSC03787.JPGEn Tunisie, tout le monde porte des lunettes de soleil. Même Gustave. Nous partons de Tabarka vers 11h00. Nous pensons aller directement à Tunis. Mais après une navigation paisible dans la journée et un passage somptueux le long des îles Fratelli (cela sonne bien pour un 1er mai), le ciel se couvre et l’orage gronde. La foudre éclate à plusieurs reprises et se rapproche de nous. Nous décidons donc de nous abriter à Bizerte pour la nuit. Nous y rencontrons un couple de Français sur un très bel Allure. Le lendemain matin, nous allons acheter quelques tomates et du pain et nous reprenons la mer.

Vacances à Tabarka

30avril

DSC03778.JPGVoilà le blog à peu près à jour. Quelques nouveautés aussi dans la partie réservée. Nous repartons demain pour l'Est. Peut-être Sidi Bou Saïd d'une traite car le port de Bizerte est en plein chantier paraît-il. DSC03764.JPGNotre séjour à Tabarka aura permis à Léonie de se baigner de longues heures à la plage voisine, à Gustave de bronzer et à leurs parents de bouquiner et de se reposer. Nous remercions encore tous ceux qui nous ont offert livres, CD et DVD car ils ajoutent des horizons à notre voyage.DSC03766.JPG Voici ceux qui nous ont occupés ces derniers temps. DSC03773.JPGDSC03775.JPGchroniques_algeriennes.jpgDSC03763.JPGDSC03762.JPGDSC03768.JPGDSC03771.JPGDSC03776.JPGDSC03765.JPGDSC03772.JPGflaubert_voyage_en_orient.jpgDSC03779.JPG










Annaba - Tabarka

26avril

gustave_a_la_barre.jpgNous quittons Annaba vers 8h30 avec des passeports tamponnés. Nous avons débordé un peu les 30 jours de notre visa. Nous quittons l’Algérie avec un pincement au cœur. Gustave prend la barre. La traversée dure 9 heures environ. A l’approche de la frontière, nous assistons à un drôle de ballet. Une dizaine de bateaux de pêche dérivent ensemble. DSC03757.JPGOn dirait qu’ils attendent que nous passions pour reprendre leur activité. Il faut dire qu'il y a beaucoup de corail dans la région... Une fois la frontière passée, nous appelons les gardes côtes tunisiens par VHF pour leur signaler notre arrivée en Tunisie. Ils nous demandent de nous identifier. Un peu plus d’une heure après, nous arrivons à Tabarka qui est un agréable port de pêche où nous retrouvons aussi des voiliers. Nous n'en avions pas vu beaucoup depuis notre départ du Maroc. Nous allons profiter du beau temps pour faire une excursion dans les terres et visiter les vestiges romains de Dougga. Nous allons également prendre le temps de compléter le blog que nous avons un peu délaissé au cours des deux semaines écoulées. C'est que notre séjour en Algérie fut très rempli. D'ailleurs, pour ceux qui ont trouvé que nous n'avions pas donné beaucoup de nouvelles, ils peuvent en trouver dans le dernier numéro de la revue Bateaux (mai 2010) dans lequel paraît-il on trouve un article sur notre périple. Enfin nous devrons trouver le temps de caréner le bateau car nous entendons de drôles de bruits sous la coque (ça gratte et ça craque) qui semblent dénoncer la présence de coquillages. Nous croisons les doigts pour que ce ne soient pas des tarets...

Jijel-Annaba

25avril

DSC03735.JPGNous partons ce matin avec un reste de houle qui n’a cessé d’enfler tout au long de la traversée, aggravée par une mer chaotique à chaque pointe. Cela a dû souffler fort ces derniers jours. Durant la nuit, les gardes côtes nous appellent plusieurs fois pour savoir où nous nous trouvons et si tout va bien à bord. C’est rassurant de se sentir suivi ainsi. Nous sommes contents d’arriver à Annaba au petit matin. Lorsque nous posons le pied sur le quai, nous titubons un peu car nous avons été très secoués pendant 24 heures. Nos visas sont périmés depuis hier. La Police des frontières nous laisse un moment entendre que nous pourrons quand même aller faire du tourisme en ville avec un permis d’escale. Mais finalement elle se ravise et nous nous contenterons d’une longue promenade sur le port que surplombe la basilique St Augustin. Le capitaine de Port nous donne une météo. Nous reprendrons la mer dès demain matin.

Chapeau pointu

21avril

Carte_de_l_Algerie_jijel.jpgNous avons repris la mer cet après-midi. Le vent se lève avec la tombée de la nuit, dans l’axe. Nous tirons un premier bord vers le large puis un deuxième vers la côte. Nous dessinons un joli chapeau pointu sur le GPS qui nous indique qu’en 3 heures de navigation, nous n’avons progressé que de 3 milles nautiques. Le courant est très fort. Plus de deux nœuds contre nous. Nous désespérons un peu et au petit matin, nous décidons de renoncer à faire escale à Skikda. Nous irons à Jijel qui est beaucoup plus proche. Nous y arrivons au lever du jour. Les militaires qui gardent l’entrée du port nous éconduisent en désignant la direction du sud. Nous longeons les digues et découvrons un nouveau port qui ne figure pas sur les cartes. Nos appels VHF restent sans réponse jusqu’à ce que nous entrions dans le port. Les gardes côtes nous répondent enfin que nous devons nous présenter au quai qui se trouve juste en face de nous. Jijel devait être une escale brève. Mais nous devons y rester 3 jours car la météo annonce de l’ouest fort. Nous apprendrons par la suite qu’un plaisancier a subi des dégâts importants à cause d’une vague qui s’est abattue sur la cabine de son bateau et a cassé un des hublots. 3 jours, quand ce n’est pas choisi, cela peut paraître un peu long. C’est la barbe comme dirait l'autre ! Mais nous allons quand même faire quelques courses en ville et visiter le petit musée local, escortés de près par une voiture de police.

Escale en Kabylie

20avril

DSC03709.JPGNous partons d’Alger dimanche 18 avril vers 17h00. La mer est belle et le vent est mollasson. Nous poussons au moteur. La nuit tombe assez vite. Le courant portant nous fait accélérer. Nous pensions mettre 24 heures. Il ne nous en faudra que 20. IMG_0369.JPGNous arrivons lundi vers 13h00 à Béjaïa. La Capitainerie nous attribue un poste d’amarrage entre deux gigantesques cargos. Salim, notre ami d’Alger, est en congé et nous rejoint au port vers 16h00 avec son petit garçon, Youssef. Nous allons boire un verre ensemble place Gueydon puis allons nous promener en voiture dans les environs : DSC03718.JPGle cap Carbon et ses singes puis Tichy où il possède un appartement d’été dans une résidence. Le soir nous sommes invités à dîner dans la famille de Meriem, l’épouse de Salim. Nous mangeons une délicieuse chorba et plusieurs plats kabyles. Le lendemain, nous leur donnons rendez-vous vers midi pour aller déjeuner ensemble. Nous les invitons dans un restaurant que le guichetier de la banque nous a recommandé, dans le centre de Béjaïa. DSC03726.JPGAvant de rembarquer sur Raki, nous allons visiter le musée de la ville. Un membre de l'association qui gère le musée nous fait la visite. Nous y découvrons les restes de la mosquée où Ibn Khaldoun a enseigné, ainsi que des fortifications turques et espagnoles. Nous nous arrêtons un moment pour déchiffrer les graffitis de soldats français du 19ème siècle gravés dans la pierre. Nous nous sentons vraiment bien à Béjaïa et nous regrettons un peu de ne pas pouvoir rester plus longtemps. Nos visas vont bientôt expirer. Nous disons adieu à nos amis et rembarquons. Nous appareillons vers 17 heures après avoir tenté vainement de trouver un peu d'essence pour le moteur.

Alger : invitations en rafales

17avril

DSC03706.JPGRaki est bien installé le long du quai des ferries. Tous les deux jours environ, un ferry part et un nouveau ferry arrive, tous plus gros les uns que les autres. A chaque fois nous retenons notre souffle pendant les manœuvres en espérant que Raki ne serve pas de pare battage. Dès le premier jour, nous rencontrons Riyad qui est second mécanicien sur des cargos. Il me fait visiter le port de pêche et s’indigne de la situation sociale en Algérie. Il n’y a pas de travail pour des gens comme nous qui pourtant avons fait des études. Le deuxième jour, nous avons pris une chambre à l’Hôtel Suisse. Léonie regarde la Petite Maison dans la Prairie et toute la famille redécouvre les joies du bain. Le soir, nous allons dîner dans un bon restaurant près de la rue Didouche Mourad : le Béarnais. Nos voisins, des hommes d’affaires, s’intéressent à Gustave qui les observe. Alors que nous finissons notre repas, l’un d’entre eux se lève et vient nous parler. Il se réjouit de nous savoir venus en bateau et nous raconte ses enfants et ses vacances en Vendée où il a acheté une villa. Puis il nous propose un verre qu’il va commander au comptoir. Lorsqu’il revient, il convie ses amis à sortir. Le garçon vient vite nous voir pour nous informer que le repas a été entièrement payé. Les bras nous en tombent. Heureusement, le patron du restaurant nous donne la carte de visite de notre bienfaiteur ce qui nous permettra de lui envoyer des fleurs. Le lendemain, nous allons écouter du jazz au centre culturel français. Salim, douanier que nous avons rencontré la veille, doit nous y rejoindre pour que nous passions la soirée ensemble. Lorsque nous arrivons, nous retrouvons aussi son frère Morad, Capitaine de cargo. Après le concert, Salim nous invite dans un restaurant branché d’Alger, la Tyrolienne où nous passons une formidable soirée à manger des grillades et à discuter de mer et de navigations. Le jour suivant, nous avons rendez-vous avec Marie et Karim dont nous avons eu les coordonnées par un ami qui vit en France. Très gentiment ils nous proposent de venir nous prendre au port pour aller faire une promenade ensemble. Ils nous font découvrir la Madrague, puis Sidi Fredj où Karim dirige une école de plongée. Enfin ils nous emmènent dîner chez eux à Alger plage. Nous mangeons de délicieuses crevettes et ne pouvons refuser leur invitation à dormir chez eux. Le lendemain matin nous prenons le petit déjeuner ensemble avant de retrouver le port. Toute cette générosité nous bluffe. Et dire que celui qui préside aux destinées de notre pauvre métropole déchue classait l’Algérie parmi les 6 pays les plus inhospitaliers au monde ! C’est fou d’être si mal renseigné à ce niveau.

Jazz the Casbah

15avril

Alger_alger_casbah_1900.jpgAujourd'hui, il pleut sur Alger. L'air se rafraîchit un peu ce qui est bien agréable. Nous repartirons dans deux ou trois jours vers l'Est aussi prenons-nous le temps de répondre aux mails qui nous font toujours aussi plaisir et de mettre à jour le blog. Depuis notre arrivée, nous avons fait une visite approfondie d'Alger. Le centre européen, le Port de pêche, le musée du Moudjahid, Bab el Oued, et la Casbah où nous avons marché sur les traces de Pépé le Moko et d'Ali Lapointe. Casbahgrenade.jpgHier soir nous nous sommes offert une séance de cinéma au centre culturel français qui projetait Ça brûle, le film de Claire Simon. Aujourd'hui nous faisons l'approvisionnement pour les prochaines navigations et ce soir nous allons écouter du jazz. Le saxophoniste Julien Lourau se produit à Alger. C'est bien les capitales.

Oran - Alger

13avril

DSC03601.JPG Nous avons quitté Oran mardi soir. Les adieux étaient très émouvants. Nous avons échangé de grands signes avec les membres du club Phénicia, puis nous avons pris la mer. Un peu de houle de Nord. Le bateau allait vite toute la nuit, au près jusqu'au large de Mostaganem. La journée fut moins ventée et nous avons poussé un peu au moteur en milieu de journée. Puis le vent est revenu le soir par le Nord et nous avons passé une deuxième nuit en mer entre Ténès et Cherchell. Vers 4h00 du matin, nous étions déjà en face du port de Cherchell. Nous avons évité de justesse un filet dérivant balisé par deux bouées faiblement éclairées puis nous avons attendu que le jour se lève en tirant deux bord de travers. Vers 6h30, nous avons commencé à nous diriger vers le phare de Cherchell. Une houle de plus de deux mètres nous a fait hésiter un moment à continuer notre route vers la côte car nous craignions que les vagues ne déferlent avec la remontée des fonds Mais appelés par VHF, les gardes côtes nous ont rassurés : l'entrée du port est claire. Cherchell est l'ancienne Caesarea fondée par Juba II et devenue après 40 la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne, qui s’étendait alors jusqu’à l’Océan Atlantique. Accueil par les gardes côtes. Formalités vite expédiées. Port ouvert sur la ville, sans poste de police pour contrôler les entrées. Nous prenons un peu de repos et débarquons après déjeuner. DSC03605.JPGNous prenons un taxi pour Tipaza et passons l'après-midi dans la cité antique. Léonie improvise une représentation dans le théâtre romain puis nous allons visiter le petit musée dans lequel le conservateur se lamente du peu d'intérêt que les pouvoirs publics manifestent pour le trésor que constituent tous les vestiges du passé romain du pays. Nous repartons en fin de journée vers Cherchell où nous nous préparons un bon dîner. Le lendemain nous visitons la ville et ses musées. Nous terminons par la visite de l'amphithéâtre romain où se déroule une partie de football endiablée. DSC03672.JPGNous décidons de reprendre la mer dès le lendemain matin. Sidi Ferruch n'est pas accessible car la passe est ensablée aussi faisons-nous cap directement sur Alger. Mais le vent fraîchit par le Nord-Est (dans l'axe) et nous sommes obligés de tirer un long bord vers l'intérieur de la baie avant de repartir vers le Nord et de découvrir qu'un courant de plus de deux noeuds le long du cap Caxine ralentit considérablement notre progression. Nous tirons des bords carrés dans une mer très formée. Raki peine à grignoter les milles et bondit sur chaque vague. Le soir tombe et les enfants s'endorment difficilement à cause des mouvements brutaux du bateau. Vers 22h30, nous passons enfin la pointe Pescade. Je m'applique à la barre pour ne pas trop perdre de terrain avec ce maudit courant qui nous fait déraper et nous arrivons enfin en baie d'Alger. Par VHF, la Capitainerie nous demande d'accoster le long de la digue Nord où sont postés les gardes-côtes pour faire les premières formalités puis nous attribue une place au quai n°11, le quai des ferries. Les formalités traînent un peu. Puis nous nous couchons, fourbus. Le lendemain, nous allons nous promener dans les rues d'Alger, et faisons une halte chez un pédiatre car Gustave a été dévoré par les moustiques dans la nuit. La ville est immense, très animée et nous nous faisons une fête de tout découvrir dans les prochains jours. Nous ferons même un petit extra en nous offrant une chambre d'hôtel pour une nuit ou deux.

Gustave a six mois

6avril

6mois.JPGGustave a six mois aujourd’hui. Nous avons passé une semaine à Oran et nous nous apprêtons à repartir vers l’Est. Nous garderons un souvenir inoubliable de cette escale. Alger est dans notre étrave. Nous ferons sans doute des arrêts à Ténès, Cherchell et Tipaza où déjà nous avons quelques contacts. Nous profitons de l’accès à Internet que nous avons trouvé ici pour compléter un peu le récit de notre périple. Quelques nouveaux billets figurent ci-dessous. D'autres suivront.

La colline brûlante

1avril

99705.JPGAbdelkrim nous a proposé de nous prêter sa voiture pour aller à Relizane aujourd’hui. C’est Abdallah (photo devant la librairie de Relizane), un des plus anciens membres du club qui nous conduira. Il est originaire du sud saharien et a travaillé autrefois comme routier pour acheminer le matériel nécessaire aux essais atomiques français. Nous partons le matin vers 8h00 et arrivons à 10h00 à Relizane dont Idir nous a appris la signification en berbère : « la colline brûlante ». Nous nous promenons en ville puis entrons dans la mairie où plus d’une centaine de personnes venant de toutes les communes environnantes se bousculent pour obtenir des documents administratifs (l’Algérie passe au passeport biométrique dans quelques jours). Nous essayons de nous frayer un chemin jusqu’au guichet où un élu nous reçoit. Je lui demande s’il existe une trace des Français nés en Algérie du temps de la colonisation, ce qui est le cas de ma mère. Il me demande son nom et sa date de naissance et revient au bout d’un quart d’heure avec une copie intégrale de l’acte de naissance, en français. Y figurent les noms de mes grands-parents et de l’officier d’état civil qui a enregistré la déclaration de naissance. Nous repartons nous promener dans la ville, prenons beaucoup de photos et reprenons la route pour déjeuner à Mostaganem. De retour au club, nous partageons des grillades apportées par Abdelkrim pour fêter l’événement.

Les deux frères

31mars

lesdeuxfreres.JPG Après avoir fait escale à Ras El Mas et à Saïdia au Maroc, nous voilà en Algérie depuis une semaine. Nos navigations ont été facilitées par une météo clémente. Les paysages sont somptueux et l'accueil très chaleureux et fraternel à l'image des rochers Ad Fratres qui bordent le sud de l'entrée du port de Ghazaouet, notre première escale. Après Ghazaouet, nous avons relâché à Beni-Saf puis à Oran que nous sillonnons de long en large. Repartir est toujours un crève-coeur car chaque jour nous faisons la rencontre d'amis qui nous retiennent. Nous allons à présent prendre le temps de mettre de l'ordre dans les photos et les vidéos pour partager ces moments exceptionnels. Nous essaierons de tout mettre en ligne avant notre départ d'Oran dans quelques jours. Tout l'équipage se porte bien et prend des couleurs. Léonie grandit, apprend ses premiers mots en arabe et pêche des sardines avec son copain Amine. Gustave goûte le pain et les oranges. Les poissons du port nettoient la carène de Raki. Demain, nous partons à Relizane pour visiter l'arrière-pays.

Idir

30mars

DSC03598.JPGIdir est un membre de l’association Phenicia. Nous l’avons rencontré le lendemain de notre arrivée et il s’est montré très intéressé par notre voyage en voilier. Retraité de la direction des transports, lui-même navigue beaucoup et pêche avec son petit bateau à moteur. Il nous propose de nous emmener en voiture découvrir les environs d’Oran. Nous partons avec lui jusqu’au cap Falcon et roulons sur les corniches oranaises pendant plusieurs heures. Le paysage est somptueux. Nous discutons des Berbères et des Arabes, de la Kabylie, de la colonisation française, de l’avenir de l’Algérie, de son père qui vient de mourir centenaire, de Camus, des chanteurs algériens, des années noires du terrorisme. En rentrant nous lui prêtons les Chroniques algériennes de Camus, quelques jours plus tard, il nous apporte de délicieux poissons. Il nous présente quelques-uns de ses enfants et son frère qui vient de céder sa boulangerie à la nouvelle génération. Idir est devenu pour nous une référence à Oran.

Amine

29mars

IMG_0355.JPGAujourd’hui Léonie a rencontré Amine qui est le fils d’un des gardiens du club. Ensemble ils pêchent des crevettes, des moules, et quelques poissons qu’une mouette viendra leur chiper un peu plus tard. Amine vient déjeuner à bord et nous parle de l’école et de sa famille. Rendez-vous est pris pour une nouvelle partie de pêche le lendemain.

Arrivée à Oran

28mars

697.JPGLa navigation de Beni-Saf à Oran prend moins de temps que prévu car le courant (plus d’un nœud) nous pousse désormais vers l’Est. Nous louvoyons entre l’île plane et le cap Falcon et à l’approche d’Oran, nous appelons la capitainerie par VHF. On nous dirige vers le quai des gardes côtes puis, une fois les formalités accomplies, vers le quai d’Alger où nous nous amarrons. La PAF nous encourage à nous déplacer vers le ponton du Yacht Club géré par l’association Phenicia qui offre une meilleure protection. Lorsque nous débarquons, il fait nuit. Le gardien nous apprend qu’il y a des membres du club à l’étage et que nous pouvons les rejoindre. Nous y trouvons Abdelkrim et Fatih qui nous souhaitent la bienvenue et nous offrent un verre. DSC03593.JPGPuis des amis à eux arrivent avec un plat de paella que nous sommes invités à partager. La discussion porte sur la France que tous connaissent très bien pour y avoir travaillé ou y travailler encore, sur l’Algérie qui bouge, sur le club qui a développé des activités en faveur de l’environnement. Tous se montrent curieux de notre voyage. Nous notons quelques numéros de téléphone. Des rendez-vous sont déjà pris pour découvrir Oran. Nous sentons déjà qu’il va être difficile de repartir.