Nantes-Méditerranée à la voile

Brahim

26mars

670.JPGNous nous retrouvons avec Brahim à 10h00 à la sortie du port comme convenu. Ensemble, nous allons au grand marché pour acheter des fruits et des légumes. Brahim a travaillé toute sa vie en France. Il est revenu en Algérie il y a quelques années pour y passer sa retraite. Il s’est remarié ici et a conservé un appartement en France où il se rend occasionnellement. Notre promenade dure une bonne heure puis Brahim nous invite à déjeuner chez lui après nous avoir fait découvrir la ville. Nous lui répondons que nous ne pouvons accepter car nous nous apprêtons à repartir dans l’après midi pour Beni Saf. Mais Brahim insiste et nous exhorte à prolonger notre séjour pour manger le couscous ce soir. Le départ est repoussé de 24 heures et nous allons voir les autorités pour les informer de notre intention de rester une nuit de plus. L’affaire est entendue puis nous allons chez Brahim. 672.JPGNous y rencontrons sa femme, Fouzia et sa sœur, plus âgée, qui vit chez lui pour quelques temps et qui adopte rapidement Gustave. Nous rirons beaucoup avec elle du SMS que nous envoyons à ma mère en France avec la photo d’elle tenant Gustave dans les bras : « ça y est, je suis arrivée en France ? En 3 secondes et sans visa ! ». Brahim a fait construire une belle villa dont il est en train de terminer l’étage. La vue est magnifique sur tous les environs de Ghazaouet et sur la mer. Après manger, des nièces de Brahim passent lui rendre visite. Nous discutons de tout, l’Algérie, les enfants, le bateau, la France. Léonie joue avec Amina, la petite nièce de Brahim. 666.JPGPuis nous rentrons au port dans l’après-midi pour nous habiller et repartons dîner. Nous partageons un délicieux couscous avec toute la famille. Le frère aîné de Brahim nous raconte Oran, la pêche en Algérie et ses années en France de 1953 à 1963. Le lendemain matin, Brahim vient nous dire adieu sur le quai. Nous nous séparons comme si nous nous étions toujours connus, émus. Depuis notre départ de Nantes, nous étions impatients d’arriver en Algérie. Nous ne pouvions pas rêver une meilleure entrée en matière.

Saïdia-Ghazaouet, changement de décor

25mars

gardesc6tes.jpgNous sommes contents de partir de Saïdia aujourd’hui. Cette marina complètement artificielle a peu d’attrait. La démesure de la station bordée de cafés et de boites aux enseignes lumineuses nous impressionne mais ne nous convainc pas. Elle a été conçue pour accueillir des yachts jusqu’à 65 mètres et des amateurs de jet ski et de vedettes rapides. Le public visé est composé de riches marocains, d’Européens et d’habitants des Emirats. Notre petit voilier en contreplaqué fait presque tâche. Nous franchissons la frontière algérienne après une heure de mer. Rien ne la matérialise en mer. Mais nous devinons à terre les arbustes et les barrières qui ferment la frontière depuis 1975 et l’affaire du Sahara Occidental. Le vent tombe complètement et nous avançons au moteur. A 10 milles nautiques de Ghazaouet, Amélie distingue une vedette rapide à l’horizon qui vient dans notre direction. Nous rassemblons rapidement tous les papiers que les autorités algériennes sont susceptibles de nous demander. Le semi-rigide des gardes-côtes de Ghazaouet ne tarde pas à nous aborder. Nous proposons à leur responsable en uniforme de monter à bord de Raki. Les deux embarcations sont amarrées l’une à l’autre, à couple, et les moteurs sont coupés. Nous dérivons lentement ensemble sur une mer d’huile. Les premiers échanges sont un peu empruntés, officiels. Puis rapidement la présence de deux enfants à bord facilite le contact. « Soyez les bienvenus en Algérie ». IMG_0190.JPGLa conversation est ponctuée de gentillesses adressées à Léonie et à Gustave. Hadj, l’un des gardes-côtes parle bien français et s’émeut du fait que ma mère soit née à Relizane à l’époque de la colonisation française. Lui-même est originaire de cette ville. Nous signifions notre intention de gagner le port de Ghazaouet. Une photo immortalise notre rencontre puis les gardes-côtes repartent avec les formulaires remplis et nos 4 passeports. Ils nous les rendront à Ghazaouet une fois les formalités terminées avec la police des frontières et avec la douane. Puis ils disparaissent à l’horizon en quelques minutes après avoir fait de grands signes d’au revoir aux enfants. Deux heures plus tard nous entrons dans le port. Il fait un temps magnifique. Le paysage est très beau. De grandes falaises rouges tombent à pic dans la mer. Deux rochers bordent le sud de la passe : les Deux Frères. Un peu plus près de la côte, on distingue aussi les Deux Sœurs, plus bas et plus plats. 643.JPGLes gardes-côtes nous avaient recommandé d’accoster le long du deuxième quai, à côté de leurs navires (un semi-rigide, un bateau de sauvetage et un bateau de guerre). Les autorités ont été prévenues et nous attendent. Mais les formalités sont un peu retardées car un cargo sort au moment ou nous nous amarrons et on nous demande de reculer le temps de sa manœuvre. Puis nous remplissons quelques documents. Les douaniers inspectent Raki rapidement, avec une certaine gêne, puis nous demandent de rédiger une déclaration sur l’honneur selon laquelle nous n’avons ni arme, ni stupéfiants. Nous déclarons également le montant des devises que nous avons à bord : 500 euros et 300 dollars. Les échanges avec les autorités sont faciles et rapides. Nous parlons des enfants, de la météo, des moustiques de Saïdia qui pont piqué Gustave à la joue. Nous disons aux douaniers que nous pensons d’ailleurs aller voir un pédiatre ou un médecin demain. Le responsable nous répond que dès demain matin, le médecin du port sera sur la site et qu’il nous l’enverra. Puis nous nous apprêtons à débarquer pour aller nous promener en ville. A peine sommes-nous à terre que le médecin du port arrive en voiture et nous propose d’ausculter Gustave, tout de suite, comme cela, dans sa poussette, sous la grande grue grise qui surplombe Raki. Il se montre rassurant puis rédige une prescription (solution désinfectante et antistaminique) et nous demande de revenir le voir le lendemain si nous estimons que les choses n’évoluent pas dans le bon sens. Nous le remercions et lui demandons le prix de la consultation. Il fait un geste du revers de la main et nous dit préférer les rencontres aux choses matérielles de ce monde. Et il repart dans sa 207 noire. 658.JPGNous sommes un peu débordés et parfois même gênés par cet accueil formidable. Nous allons ensuite à la Capitainerie pour signaler notre intention d’aller nous promener en ville. Le maître de port nous propose de nous accompagner jusqu’à la sortie du port pour nous faciliter le passage au poste de la police des frontières. Nous y laissons nos passeports puis nous sortons.Le maître de port nous indique un taxiphone où nous pouvons changer de l’argent à un taux avantageux. Puis après nous avoir expliqué qu’il avait fait une partie de sa formation professionnelle à Marseille il nous propose de nous accompagner à pieds pour une première visite de la ville. 663.JPGNous y repérons les nombreuses traces de la période coloniale : l’église transformée en bibliothèque, l’hôpital aujourd’hui fermé, l’école, des immeubles d’habitation, la place centrale. Au retour, il nous recommande une petite pizzeria où nous pourrons aller dîner « en famille », les nombreux cafés que nous avons croisés étant plutôt réservés aux hommes. Nous en profitons pour appeler Brahim, l’oncle d’une de nos collègues de Nantes. Nous avons rendez-vous avec lui à 10h00 demain matin à la sortie du port. Nous rentrons dormir au bateau, vraiment très heureux d’être enfin en Algérie.

Dernières escales marocaines

24mars

DSC03546.JPGEn quittant Melilla, nous trouvons une mer agitée et du vent d’Est. Babord amure, nous avançons vite et en serrant le vent nous réussissons à tout faire en un seul bord. La visibilité est mauvaise et les îles Chafarinas finissent par se montrer alors qu’elles ne sont plus qu’à deux milles nautiques. Nous approchons du port de pêche de Ras el Mas que nous nous décidons à rallier pour éviter d’aller à Marina Saïdia, vaste complexe touristique se trouvant à 6 milles dans l’est. Nous sommes bien accueillis par les autorités qui nous invitent à nous amarrer derrière un petit catamaran de croisière battant pavillon marocain. Compte tenu de la rapidité des formalités, nous décidons d’aller faire une promenade en ville et d’y dîner. A notre retour, vers 23h00, un gendarme royal arrive en voiture. Il nous somme de quitter les lieux immédiatement arguant du fait que Ras el Mas est un port de pêche et qu’une marina peut nous accueillir « à deux ou trois milles maximum dans l’est ». Je lui réponds que nous ne possédons pas de carte actualisée pour aller à Marina Saïdia qui vient d’être construite et que ce que j’ai collecté comme informations la place plutôt à 6 ou 7 milles. Arriver dans un port complètement inconnu et mal cartographié de nuit est délicat. Mais il insiste (« il y a des lumières pour entrer dans la marina ») tout en faisant des remontrance aux autorités du port à qui il reproche de nous avoir accueillis. Nous ne résistons pas plus longtemps et quittons le port. La mer s’est un peu calmée dehors et nous mettons 1h30 à gagner le début d’une vaste digue que nous longeons sur plusieurs centaines de mètres. Puis deux feux se distinguent, rouge à droite et vert à gauche. Au fur et à mesure que nous avançons, ils se rapprochent puis se croisent balisant maintenant l’ouverture du port. Nous regardons régulièrement le sondeur. Les sondes varient entre 5 et 7 mètres. Nous avançons de plus en plus lentement et entrons dans un immense bassin sans aucun éclairage. Ambiance fantomatique. Nous passons un appel à la VHF. La capitainerie nous répond rapidement et nous envoie une vedette qui arrive à pleine vitesse dans le bassin dont nous apprendrons qu’il est destiné à l’accueil de maxi-yachts dans les années à venir. En suivant la vedette nous franchissons une première chicane, traversons un deuxième bassin, puis à nouveau un passage plus étroit qui nous permet d’entrer dans un troisième bassin, très éclairé cette fois avec des pontons auxquels sont amarrés quelques voiliers et de nombreux bateaux à moteur. Il est environ 1h00 du matin. Lorsque je débarque pour faire les formalités on me signale que nous ne pourrons les faire qu’après la visite du médecin. 5 minutes plus tard, il arrive : « Vous n’avez pas de fièvre ? Pas de toux ? » Je tique un peu et réponds que non. Il m’ausculte plus avant, les yeux, la bouche : « Les autres membres de l’équipage non plus ? Pas de grippe ? » « Non, nous avons été vaccinés contre la grippe », lui réponds-je. La suspicion retombe un peu. Puis les gendarmes m’invitent à les suivre à la Capitainerie. Je suis entouré d’une dizaine de personnes qui vont et viennent. La police, la douane, la capitainerie, la gendarmerie. A chaque fois que je crois m’être acquitté des formalités après avoir rempli un formulaire, on me demande de changer de bureau et on m’en tend un autre. Je rentre tard au bateau. Nous décidons avec Amélie de repartir dès le lendemain matin. Le directeur du port nous offrira alors une casquette à chacun et un responsable du port ira remplir un jerrican d’essence pour nous dans une station service. Ainsi, même dans une Marina sans charme nous rencontrons toujours des gens très sympathiques.

De retour en Espagne

23mars

1Melilla.JPGPeu de nouvelles depuis une semaine ? C’est que les connexions wifi sont rares sur le littoral marocain. Et puis nous avons navigué tous les jours ce qui ne nous a pas laissé le temps de partir en quête de cybercafés. Nous comptions un peu sur notre balise Dolink pour indiquer notre position à ceux qui nous suivent, même si celle-ci donne des signes de faiblesse puisqu’elle ne communique pas toujours les positions attendues. En théorie, elle donne une position toutes les 24 heures lorsque nous sommes à l’arrêt et une position toutes les 4 heures lorsque nous sommes en route. En pratique c’est tout autre chose puisqu’elle a même mangé une de nos escales vendredi dernier à M’Diq. Mais enfin nous nous en contentons et nous apprécions de pouvoir donner une idée de notre itinéraire grâce à ce mouchard. Aujourd'hui nous avons fait le déplacement jusqu'à un cybercafé et vous trouverez ci-dessous de nouveaux billets dans l’ordre chronologique des escales : M’Diq, El Jebha, Al Hoceima. Nous sommes actuellement à Melilla (encore une enclave espagnole) à moins de 40 milles de l’Algérie. L’équipage est en pleine forme et a le toupet de se plaindre de la chaleur. Mais Léonie se rafraîchit sur le ponton avec le jet d'eau. Nous nous apprêtons à dire au revoir à l’Espagne pour la 4ème fois (déjà nous l’avions fait avant le Portugal en quittant Baiona, puis avant Tanger en quittant Cadix, et avant M’diq en quittant Ceuta). Nous projetons de faire escale à Saïdia demain et d'entrer en Algérie jeudi ou vendredi. Nous nous sommes organisés pour collecter le plus d’informations possibles sur les ports algériens. Notre cartographie électronique présente des limites auxquelles nous nous attendions d’ailleurs. Beaucoup de détails manquent et certains ports n'existent même pas selon Garmin et Bluechart. Heureusement nous avons quelques cartes papier que décidément rien ne remplace.

Al Hoceima

21mars

1alhoceima.JPGDépart d’El Jebha vers 12h00. Il pleut des cordes. Les pêcheurs ramandent les filets. Nous allons faire les formalités de sortie avec Léonie. En 15 minutes c’est réglé. Nous longeons les montagnes du Rif et croisons encore des dauphins auxquels Gustave ressemble de plus en plus. Le courant, favorable au début s’inverse rapidement et nous refoulons plus d’un nœud de courant pendant toute la journée. Si bien que nous arrivons de nuit à la pointe de Los Frailes que nous longeons de très près bord à bord avec deux gros bateaux de pêche. Nos appels à la VHF pour le port restent sans réponse. Nous entrons dans le premier bassin et interrogeons un membre de l’équipage du bateau de sauvetage pour savoir où il convient de nous amarrer. Ce dernier nous indique le gigantesque quai des ferries que nous nous décidons à rejoindre non sans hésitation. Nous débarquons et nous rendons au poste de police du port où les formalités d’entrée nous prennent deux heures. Heureusement ce sera plus rapide le lendemain matin. Nous repartons aux aurores car la route est longue jusqu’à Melilla, avec près de 2 noeuds de courant portant toute la journée, ce qui raccourcit considérablement notre traversée et nous permet d'arriver en milieu d'après-midi. Décidément nous sommes toujours surpris par les courants au Maroc. Aussi bien par leur direction que par leur vitesse. D'ailleurs le guide Imray parle de courants inexpliqués dans les parages.

El Jebha

20mars

el_jebha2.JPGBeaucoup de moteur aujourd’hui. Mais encore des dauphins. Ils nous auront accompagnés à chaque traversée depuis notre départ de France. La visibilité est assez réduite sur l’eau. Mais nous distinguons bien les grandes montagnes du Rif. Nous sommes surpris d’avoir du courant portant (plus d'un noeud) ce qui nous permet d’arriver assez tôt à El Jebha. Nous nous amarrons tranquillement au quai principal où nous attendent toutes les autorités locales. Les formalités sont accomplies assez rapidement mais on nous demande de nous déplacer et d’aller nous amarrer au bateau de sauvetage. Quelques minutes après la manœuvre, plus de dix énormes bateaux de pêche arrivent et s’amarrent là où nous étions. El_Jebha.JPGNous apprécions à leur juste mesure les conseils des gendarmes. Le chef de poste sympathise avec Léonie à qui il présente ses chats puis nous conseille un petit restaurant délicieux où nous dînons et où Léonie s’endort. Un autre chat viendra sur le pont de Raki pendant la nuit, pour voir si, là comme sur les bateaux de pêche, il y a quelques restes de poisson. Il repartira bredouille peu après.

M'Diq

19mars

M_diq3.JPGNous sommes partis de Ceuta en début d’après-midi. A peine trois heures plus tard nous arrivons dans un port de pêche très animé. On nous indique qu’il faut nous amarrer sur le ponton du Yacht Club. Les autorités nous empruntent les papiers du bateau et nos passeports et nous les rapportent une demi-heure plus tard. Nous nous attendions à plus compliqué. Pendant ce temps, nous assistons au retour de pêche de dizaines de bateaux. Puis nous débarquons pour une balade nocturne dans les rues de la ville où le marché bat son plein à 8h00 du soir. Nous dînons dans un délicieux restaurant de poissons (tagine de fruits de mer, salade de fruits frais, lotte grillée). M_Diq2.JPGM’Diq est actuellement concurrencée par les deux nouvelles marinas de Smir et Kabila pour les activités nautiques mais prépare sa riposte avec la construction d’un nouveau port pour accueillir les bateaux de plaisance et a conservé un Royal Yacht Club et une partie de ses bâtiments. Son président me donne des indications sur les ports où nous envisageons de faire escale, M_diq.JPGavant de me présenter un champion de laser et d’aller faire un brin de causette à Amélie et Léonie pendant que je termine les formalités de sortie avec la gendarmerie. Amicalement il leur cite la célèbre maxime : « il y a trois sortes d’humains : les vivants, les morts et ceux qui naviguent. »

Aux portes de la Méditerranée

15mars

DSC03342.JPGAprès une belle escale à Tanger (photo) et un passage somptueux du détroit de Gibraltar par beau temps, au milieu des cargos et des rorquals communs, nous voici à Ceuta, aux portes de la Méditerranée. Il nous aura fallu un peu plus d'un mois pour rejoindre la mer Méditerranée et voici un premier bilan d'étape. Nous avons parcouru 1280 milles nautiques en 240 heures environ. Ce qui fait une moyenne de 5,3 nœuds. Nous sommes arrivés souvent de nuit dans les ports où nous avons fait escale (7 fois sur 12). Nous avons fait environ 40 heures de moteur (entrées et sorties de port comprises) et consommé 60 litres d'essence. Le pilote automatique a barré à notre place pendant un peu plus de 60 heures. Nous aurions pu l'utiliser davantage mais nous nous sommes limités parfois pour des raisons d'économie d'énergie. A ce sujet, le panneau solaire ne donne vraiment que depuis Lagos en Algarve. Avant, seule l'éolienne chargeait et cela n'a jamais permis de compenser complètement notre consommation électrique. Nous n'avons toujours pas terminé la première bouteille de gaz, avons utilisé 3 plaquettes de beurre, 1 bouteille de whisky, et 120 couches pour Gustave. Nous n'avons pas comptabilisé les autres denrées. Nous avons perdu 3 aussières, cassées lors de la tempête de Porto et une tasse et un dessous de plat en faisant la vaisselle. Notre escale à Ceuta va durer quelques jours car nous laissons passer le fort levanter (vent d'est) qui s'est établi depuis hier soir. Nous en profitons pour préparer les navigations à venir le long des côtes du Maghreb. Nous allons faire quelques menus travaux sur le bateau : entretien du moteur, matelotage, nouvelles fixations pour le mât de l'éolienne, vernis dans le cockpit pas terminés avant le départ, fixation de garcettes de ris sur le foc de route, etc. Puis nous ferons quelques achats avant le départ : avitaillement et cartes marines.

Tanger

13mars

Delacroix_Mariee.JPGLes pavillons changent chaque jour sous la barre de flèche tribord de Raki. Le pavillon portugais avant-hier, le pavillon espagnol hier et le pavillon marocain aujourd'hui. Coucher de soleil sur Tanger ce soir et puis arrivée dans un port en effervescence : pêche, fret, ferrys... Nous sommes surpris nous-mêmes d'avoir changé de continent si vite. Nous allons maintenant étudier les fichiers pour savoir quand il sera possible de passer le détroit de Gibraltar. Quelques images vidéos à venir des navigations des deux derniers jours. A présent, il ne nous reste plus qu'à ranger, manger, et langer avant balade à Tanger demain. Nous sommes impatients.

Et au bout du Portugal, il y a...

10mars

Leonie_entre_Espagne_et_Portugal.JPGAu bout du Portugal, il y a... encore l'Espagne ! Nous avons terminé notre tour du Portugal. Nous sommes au bout mais pas à bout car nous reviendrons. Nous avons décidé de nous arrêter sur la rivière qui sépare le Portugal et l'Espagne, le rio Guadiana. Le bateau est côté portugais, mais cet après-midi, nous sommes allés boire un verre en Espagne avec le bac qui traverse le fleuve. Ernest, le pingouin de Léonie, était de la partie. Nous nous mélangeons un peu entre les gracias et les obrigado, et entre les hasta luego et les adeus. Mais l'important est que le climat est le même des deux côtés de la frontière : beau temps et températures en hausse. Nous allons profiter de la journée de jeudi pour faire un peu de ravitaillement et de ménage puis nous repartirons vendredi vers l'est car nous ne saurions résister plus longtemps à l'appel de Cadix.la_belle_de_Cadix.JPG

Lagos

9mars

Lagos_-_Caravela_Boa_Esperanca.JPGNous venons d'apprendre qu'en France, des milliers d'automobilistes ont été surpris par la neige. Ici, à Lagos, il fait 25 degrés à l'ombre et on commence à s'organiser pour se protéger de la chaleur. Crème solaire obligatoire. Nous avons reçu des questions par mail concernant la ville où nous faisons escale. Après avoir fait cybercafé, nous nous changeons donc en office du tourisme pour l'occasion : Lagos fut au 15ème siècle le tremplin des expéditions transocéaniques portugaises. Le prince Henri le Navigateur (1394-1460) y passa l'essentiel de son existence. Il fut l’instigateur des grandes découvertes qui allaient transformer le monde pendant les siècles suivants. Il organisa notamment les expéditions qui permirent aux Portugais de découvrir et de s’emparer de l’archipel de Madère en 1419 et des Açores en 1427. A son service, Gil Eanes fut le premier européen à passer en 1434 le cap Bojador au Sahara occidental, le point le plus méridional de la côte de l’Afrique connu des Européens. Afin d’aller plus loin, Henri fit mettre au point un nouveau type de navire, la caravelle qui fut plus tard utilisée par Christophe Colomb pour découvrir l’Amérique. On en trouve aujourd’hui une reconstitution à Lagos, amarrée au premier ponton en entrant : la caravelle Boa Esperança (photo). Moins de trente ans après la mort d’Henri le navigateur le cap de Bonne-Espérance fut passé par Bartolomeu Dias et Vasco de Gama atteignit l’Inde peu après. L'ancienne capitale du Nigeria, Lagos, est une colonie de la ville portugaise. C'est encore à Lagos que les premiers esclaves furent ramenés en Europe.

En route pour l'Algarve

8mars

Gustave_dort_en_mer.JPGLisbonne-Lagos. 150 milles nautiques en 27 heures. La baie de Setubal et Sines qui va du cap Espichel au cap St Vincent a ce quelque chose d'interminable qui colle à la baie d'Audierne pour ceux qui ont déjà pratiqué. Seule différence, c'est 3 fois plus long que la baie d'Audierne ! Heureusement, nous avons eu du vent toute la nuit (15 à 20 noeuds) et Raki marchait vite. Le vent est tombé ce matin en approchant du cap St Vincent. Mais la houle restait forte si bien que la manip' de moteur a failli tourner à la catastrophe : dans un coup de roulis, les 4 ergots sont sortis des rails et je me suis retrouvé avec le moteur pendouillant à bout de bras au dessus de l'eau. Amélie m'a aidé à le ramener à bord et nous avons pu le remettre à poste en visant bien entre deux vagues pour ne pas perdre l'équilibre. Il y en a un que ce genre d'aventure n'émeut pas outre mesure et qui a choisi ce moment pour se rendormir. Nous sommes arrivés en début d'après-midi à Lagos (près de Portimao) et nous apprêtons à reprendre la mer demain dans l'après-midi. Prochaine étape indéterminée. Peut-être l'Andalousie. Cela va nous faire bizarre de voir la longitude ouest diminuer après avoir continuellement augmenté pendant près d'un mois.

Prise de Tage

6mars

21-Leonie_peche.JPGPrise de Tage avec préméditation prévue cet après-midi vers 15h00. Nos services de renseignement nous indiquent que la pluie devrait cesser à la même heure et que la météo nous permettra de reprendre la mer demain pour le sud. Espérons que les poissons mordront à l'hameçon de Léonie cette fois.

Porto - Lisbonne

6mars

Les dauphins nous ont encore accompagnés tout le long du voyage qui a duré 36 heures pour 185 milles nautiques. Cette fois nous avons réussi à prendre quelques images de nos amis qui valent à Gustave le surnom de "Danse avec les dauphins".


Dauphins au large de Porto

C'est reparti !

3mars

T1.JPGNous sommes de retour à Porto où Raki nous attendait patiemment. Nous appareillerons dans quelques heures. La météo n'est pas exceptionnelle car on annonce des rafales assez fortes mais le vent est portant et c'est déjà bien si on compare cette situation à la météo de la semaine écoulée. L'objectif est de retrouver la tour de Belem que Léonie et son pingouin Ernest sont allés repérer hier. Elle surveille l'entrée du Tage et l'accès à Lisbonne. Grâce à leurs photos, nous espérons la retrouver sans trop de difficulté. Nous reviendrons à Porto un jour pour saluer les amis que nous y avons rencontré et pour revoir le pont qu'un certain Gustave a réalisé ici juste après avoir dessiné le pont du Frynaudour de Quemper-Guezennec et 20 ans avant la construction de sa célèbre tour parisienne.

L'avant Tage

1mars

tramway_Lisbonne.jpgTourisme à Lisbonne. Grand soleil, 18 degrés à l'ombre et déjeuner en terrasse sous un palmier. Un avant goût de ce qui nous attend dans les semaines qui viennent ? Le tramway lisboète est toujours aussi joli et le Tage attend Raki qui reprendra la mer dans deux ou trois jours. Nous avons une pensée pour ceux qui ont subi la tempête venue du Portugal ainsi que pour ceux qui ont repris le travail aujourd'hui.

Coup de tabac sur Porto

28février

Ce qui est passé sur Porto aujourd'hui était d'une violence rare. Le vent de sud ouest a commencé à fraîchir vers 7h00 ce matin. Il est monté à 30 nœuds vers 10h00. De violentes rafales se sont abattues sur le port à 14h00 : 40 nœuds, 45 nœuds. Puis tout s'est emballé entre 15h00 et 16h30. Les anémomètres affichaient 50 nœuds, 55 nœuds. L'eau de l'avant port est devenue blanche d'écume. La mer s'est mise à fumer. Les bateaux prenaient 20 ou 30 degrés de gîte dans le port. De quoi se faire quelques belles frayeurs lorsqu'on voyait les bateaux bondir en tous sens et les vagues submerger le môle et passer à l'horizontale au dessus du port. Puis tout est retombé en quelques dizaines de minutes entre 17h00 et 17h30 et le vent a basculé à l'ouest aussi vite pour s'établir au nord ouest à 18h00 pour 15 nœuds. Le port a résisté sans trop de casse. Des catways se sont arrachés dont celui auquel Raki était amarré, de nombreux taquets ont pris du jeu sur les ponts, beaucoup de bouts ont cédé mais aucun bateau n'a été trop abîmé. La dépression se déplace vite vers le nord-est à présent et doit aborder les côtes françaises ce soir et demain après avoir traversé le Golfe de Gascogne. Et nous qui pensions trouver un printemps anticipé en prenant du sud, nous sommes obligés de reconnaître le bien fondé de tel proverbe portugais qui dit : "en février, ne te dis pas que ça y est".


Coup de tabac sur Porto

Lisbonne par la terre et tout le tremblement

26février

meteo_pour_samedi_27_fevrier_2010.jpgLe vent a molli cette nuit. Mais la mer est toujours très formée et une nouvelle dépression va remonter le long du Portugal dans la journée de demain avec des vents de 40 nœuds et des rafales à 50 nœuds. Les amortisseurs de caoutchouc vont encore être très sollicités. Une rotation est prévue pour mercredi prochain. Le vent devrait s'orienter à l'est puis au nord, nous permettant de reprendre notre route vers le sud. En attendant, nous continuons nos visites à Porto et dans les environs, nous honorons les invitations d'amis rencontrés à Matosinhos et nous nous apprêtons à tirer un bord vers Lisbonne par la terre car nous ne sommes pas sûrs d'y faire une longue escale avec Raki. En effet, l'appel de l'Afrique commence à se faire sentir à bord et les envies de baignade ne se taisent plus.

Monté sur ressorts

23février

ressort_sur_aussieres.JPGLe vent ne mollit pas à Porto et les aussières cassent sur tous les bateaux. Nous en avons ramarré un qui se baladait au bout d'un bout la nuit précédente. Sur Raki nous venons d'investir dans des amortisseurs en caoutchouc et de nouvelles aussières rutilantes. Bilan nous avons passé une excellente nuit, sans aucun à-coups.

La tempête de Madère

21février

Nuit agitée à Porto. Le vent a soufflé très fort cette nuit et les bateaux dansaient sur les catways. Raki y a laissé deux aussières. Mais ce n'est rien à côté de la tempête qui a provoqué les inondations meurtrières de la nuit précédente à Madère. Tous les marins en parlent ici et semblent très affectés. En lien les images de la TV portugaise.

http://tv1.rtp.pt/noticias/index.ph...