DSC02820.JPG Après avoir quitté tout le monde dimanche midi, nous avons poursuivi la descente de la Loire à la voile. C'est la première fois que nous n'avons pas eu besoin de recourir au moteur pour parcourir les 30 milles de Loire. Nous avons tout d'abord mis un peu d'ordre dans le bateau qui s'est transformé en médiathèque-bar avec tous les cadeaux que nous avons reçus au départ. Puis nous nous sommes préparés pour la première nuit qui est tombée un peu avant Noirmoutiers. Le vent assez soutenu (20 noeuds établis) nous a permis d'enregistrer de belles moyennes dès le début avec des pointes de vitesse à 9 noeuds. La mer était un peu désordonnée mais pas aussi dure que nous aurions pu le craindre compte tenu des forts vents des jours précédents. Dans la matinée de lundi, nous avons quitté le plateau continental pour survoler les profondeurs abyssales de l'océan Atlantique : les sondes indiquées sur les cartes passent de quelques centaines de mètres de profondeur à 3000 voire 4000 mètres de profondeur. En général, c'est le genre de sujet de discussion qu'on n'aborde pas quand on s'y trouve. Avec Amélie, nous n'en avons reparlé qu'à l'approche de l'Espagne, lorsque les fonds remontaient. Nous n'avons pas constaté de changement remarquable de l'état de la mer au passage de la falaise sous-marine. Peut-être s'est-elle un peu rangée en cours de matinée pour donner une houle un peu plus longue et plus régulière. Comme prévu le vent a commencé sa rotation vers le nord-est, ce qui nous a conduit à l'accompagner en piquant vers le sud pour rester au grand largue et non pas plein vent arrière qui est une allure très inconfortable dans une mer formée. Nous avons empanné mardi vers une heure du matin lorsque le vent a terminé sa rotation vers le nord et avons dès lors fait route directe vers Gijon. après être monté au delà de 20 noeuds lundi, le vent a molli autour de 15-20 noeuds dans la nuit de lundi à mardi pour terminer à 10-15 noeuds mardi soir en arrivant. Nous n'avons pas croisé grand monde durant ces deux jours : quelques cargos dans l'estuaire de la Loire et quelques bateaux de pêche au large de l'île d'Yeu et en approchant des côtes d'Espagne. Léonie a eu un peu le mal de mer lundi matin et mardi matin, les deux fois en se réveillant. Mais elle a bien (et vite) surmonté ces moments délicats en redormant un peu et en grignotant. Elle a même avalé des lentilles lundi après midi et un bon hachis parmentier mardi midi. Nous n'avons pas eu froid durant la traversée car les températures ne sont jamais tombées en dessous de 6°C. Lorsque nous sommes arrivés à Gijon avec le soleil, il faisait 12°C de température extérieure. En ce qui concerne le bateau, tout a bien fonctionné. Le pilote nous a relayés un tiers du temps environ. Nous n'avons pas pu l'utiliser davantage car la charge de l'éolienne n'a pas permis de compenser la consommation d'énergie due aux instruments de navigation. En effet, au portant, les 20 noeuds de vent deviennent 15 noeuds de vent apparent (la vitesse du bateau se soustrayant) ce qui est peu pour l'éolienne. La gite et les mouvements du bateau diminuent encore son rendement. Quant au panneau solaire, il n'a pas pu charger beaucoup puisque le ciel est resté très nuageux jusqu'à l'approche de l'Espagne. Au total entre la consommation d'énergie du bord et la charge de l'éolienne et du panneau, nous enregistrons une perte de 90 ampères ce qui est beaucoup puisque nous n'avons que 210 ampères de capacité théorique de batteries. Nous verrons comment la charge tient lorsque le soleil brillera plus fort. Tout l'équipage est ravi d'avoir pu aligner les milles dès le début et de n'avoir pas eu à attendre de longues journées à Pornichet qu'une fenêtre météo s'offre à nous. A présent nous pensons continuer dans la lancée et tailler ce soir-même vers la Corogne car du mauvais temps est annoncé en fin de semaine. Nous avons 150 milles à parcourir le long des côtes espagnoles ce qui devrait nous prendre autour de 36 heures. Nous devrions arriver dans la nuit de jeudi à vendredi. Ci-dessous quelques images prises mardi matin pendant la traversée. Si c'est un peu long à charger, double-cliquez sur l'image pour la lire sur you tube.


Les enfants dorment dans le golfe de Gascogne