DSC03601.JPG Nous avons quitté Oran mardi soir. Les adieux étaient très émouvants. Nous avons échangé de grands signes avec les membres du club Phénicia, puis nous avons pris la mer. Un peu de houle de Nord. Le bateau allait vite toute la nuit, au près jusqu'au large de Mostaganem. La journée fut moins ventée et nous avons poussé un peu au moteur en milieu de journée. Puis le vent est revenu le soir par le Nord et nous avons passé une deuxième nuit en mer entre Ténès et Cherchell. Vers 4h00 du matin, nous étions déjà en face du port de Cherchell. Nous avons évité de justesse un filet dérivant balisé par deux bouées faiblement éclairées puis nous avons attendu que le jour se lève en tirant deux bord de travers. Vers 6h30, nous avons commencé à nous diriger vers le phare de Cherchell. Une houle de plus de deux mètres nous a fait hésiter un moment à continuer notre route vers la côte car nous craignions que les vagues ne déferlent avec la remontée des fonds Mais appelés par VHF, les gardes côtes nous ont rassurés : l'entrée du port est claire. Cherchell est l'ancienne Caesarea fondée par Juba II et devenue après 40 la capitale de la province romaine de Maurétanie Césarienne, qui s’étendait alors jusqu’à l’Océan Atlantique. Accueil par les gardes côtes. Formalités vite expédiées. Port ouvert sur la ville, sans poste de police pour contrôler les entrées. Nous prenons un peu de repos et débarquons après déjeuner. DSC03605.JPGNous prenons un taxi pour Tipaza et passons l'après-midi dans la cité antique. Léonie improvise une représentation dans le théâtre romain puis nous allons visiter le petit musée dans lequel le conservateur se lamente du peu d'intérêt que les pouvoirs publics manifestent pour le trésor que constituent tous les vestiges du passé romain du pays. Nous repartons en fin de journée vers Cherchell où nous nous préparons un bon dîner. Le lendemain nous visitons la ville et ses musées. Nous terminons par la visite de l'amphithéâtre romain où se déroule une partie de football endiablée. DSC03672.JPGNous décidons de reprendre la mer dès le lendemain matin. Sidi Ferruch n'est pas accessible car la passe est ensablée aussi faisons-nous cap directement sur Alger. Mais le vent fraîchit par le Nord-Est (dans l'axe) et nous sommes obligés de tirer un long bord vers l'intérieur de la baie avant de repartir vers le Nord et de découvrir qu'un courant de plus de deux noeuds le long du cap Caxine ralentit considérablement notre progression. Nous tirons des bords carrés dans une mer très formée. Raki peine à grignoter les milles et bondit sur chaque vague. Le soir tombe et les enfants s'endorment difficilement à cause des mouvements brutaux du bateau. Vers 22h30, nous passons enfin la pointe Pescade. Je m'applique à la barre pour ne pas trop perdre de terrain avec ce maudit courant qui nous fait déraper et nous arrivons enfin en baie d'Alger. Par VHF, la Capitainerie nous demande d'accoster le long de la digue Nord où sont postés les gardes-côtes pour faire les premières formalités puis nous attribue une place au quai n°11, le quai des ferries. Les formalités traînent un peu. Puis nous nous couchons, fourbus. Le lendemain, nous allons nous promener dans les rues d'Alger, et faisons une halte chez un pédiatre car Gustave a été dévoré par les moustiques dans la nuit. La ville est immense, très animée et nous nous faisons une fête de tout découvrir dans les prochains jours. Nous ferons même un petit extra en nous offrant une chambre d'hôtel pour une nuit ou deux.