DSC03706.JPGRaki est bien installé le long du quai des ferries. Tous les deux jours environ, un ferry part et un nouveau ferry arrive, tous plus gros les uns que les autres. A chaque fois nous retenons notre souffle pendant les manœuvres en espérant que Raki ne serve pas de pare battage. Dès le premier jour, nous rencontrons Riyad qui est second mécanicien sur des cargos. Il me fait visiter le port de pêche et s’indigne de la situation sociale en Algérie. Il n’y a pas de travail pour des gens comme nous qui pourtant avons fait des études. Le deuxième jour, nous avons pris une chambre à l’Hôtel Suisse. Léonie regarde la Petite Maison dans la Prairie et toute la famille redécouvre les joies du bain. Le soir, nous allons dîner dans un bon restaurant près de la rue Didouche Mourad : le Béarnais. Nos voisins, des hommes d’affaires, s’intéressent à Gustave qui les observe. Alors que nous finissons notre repas, l’un d’entre eux se lève et vient nous parler. Il se réjouit de nous savoir venus en bateau et nous raconte ses enfants et ses vacances en Vendée où il a acheté une villa. Puis il nous propose un verre qu’il va commander au comptoir. Lorsqu’il revient, il convie ses amis à sortir. Le garçon vient vite nous voir pour nous informer que le repas a été entièrement payé. Les bras nous en tombent. Heureusement, le patron du restaurant nous donne la carte de visite de notre bienfaiteur ce qui nous permettra de lui envoyer des fleurs. Le lendemain, nous allons écouter du jazz au centre culturel français. Salim, douanier que nous avons rencontré la veille, doit nous y rejoindre pour que nous passions la soirée ensemble. Lorsque nous arrivons, nous retrouvons aussi son frère Morad, Capitaine de cargo. Après le concert, Salim nous invite dans un restaurant branché d’Alger, la Tyrolienne où nous passons une formidable soirée à manger des grillades et à discuter de mer et de navigations. Le jour suivant, nous avons rendez-vous avec Marie et Karim dont nous avons eu les coordonnées par un ami qui vit en France. Très gentiment ils nous proposent de venir nous prendre au port pour aller faire une promenade ensemble. Ils nous font découvrir la Madrague, puis Sidi Fredj où Karim dirige une école de plongée. Enfin ils nous emmènent dîner chez eux à Alger plage. Nous mangeons de délicieuses crevettes et ne pouvons refuser leur invitation à dormir chez eux. Le lendemain matin nous prenons le petit déjeuner ensemble avant de retrouver le port. Toute cette générosité nous bluffe. Et dire que celui qui préside aux destinées de notre pauvre métropole déchue classait l’Algérie parmi les 6 pays les plus inhospitaliers au monde ! C’est fou d’être si mal renseigné à ce niveau.