Cadre_voyage_en_Mediterranee.pngNous sommes arrivés au point le plus Est de notre croisière avec une longitude de 23°39’ Est. Nous sommes plus à l’Est que Varsovie et exactement à la longitude de Riga en Lettonie. Il nous aura fallu 3 mois et 27 escales pour atteindre Athènes depuis le détroit de Gibraltar. La longitude la plus occidentale du voyage était à Cascaïs (Entée du Tage) : 9°25’ Ouest, sur le même méridien que le Liberia. La latitude la plus méridionale était à Saïdia (frontière algéro-marocaine) : 35°07’ Sud, sur un parallèle un peu au sud de Téhéran, ou encore entre Los Angeles et San Francisco. Le rectangle dessiné sur la carte ci-dessus encadre notre périple. Notre objectif à présent est de retrouver la position de départ : 47°12’ Nord et 1° 34’Ouest, autrement dit le quai de la Fosse à Nantes. Nous visons une arrivée en fanfare le samedi 28 août à 18h00 (qui a dit qu’on ne peut jamais prévoir en voilier ?). Depuis notre entrée en Méditerranée, nous avons parcouru 1936 milles nautiques pour une moyenne de 5,15 nœuds. Nous avons passé 30 journées en mer et 11 nuits. Six fois nous avons fait des traversées de plus de 100 milles nautiques (174 milles entre Oran et Cherchell, 102 milles entre Alger et Béjaïa, 159 milles entre Jijel et Annaba, 134 milles entre Pantelleria et Malte, 360 milles entre Malte et Katakolon, 113 milles entre Kalamata et Monemvasia). La moyenne par étape est de 71,70 milles nautiques. Selon les cas, nous nous sommes arrêtés soit une nuit, soit plusieurs. Nos escales de plus d’une journée furent celles de Melilla (3 jours), Ghazaouet (2 jours), Oran (9 jours), Cherchell (2 jours), Alger (9 jours), Jijel (3 jours), Tabarka (4 jours), Sidi Bou Saïd (10 jours), Pantelleria (8 jours), Malte (3 jours), Katakolon (3 jours), Kalamata (3 jours), Monemvasia (2 jours), Epidaure (2 jours), Le Pirée (5 jours). Il n’y a qu’à Jijel et à Pantelleria que nous avons dû prolonger l’escale à cause du mauvais temps comme cela avait déjà été le cas à Porto dans la tranche précédente. Nous avons pu vérifier que la Méditerranée est une mer capricieuse. Nous avons eu des conditions de vent et de mer difficiles à l’approche de Cherchell, à Rembrandt-Tempete.jpgl’approche d’Alger, dans la baie de Skikda, à l’approche de Bizerte, à l’approche de Pantelleria et au départ de Malte. Mais à l’opposé nous avons aussi eu beaucoup de calmes puisqu’en 3 mois nous avons fait presqu’autant de moteur que de voile et consommé 255 litres d’essence. Le bateau a bien résisté et nous n’avons à déplorer que la perte d’un petit seau un peu trop vite jeté à l’eau dans le port de Pantelleria et quelques pannes électrique qui ont facilement été réparées (éclairage du compas de route, lampe de cuisine). Le GPS traceur a perdu un peu de notre confiance depuis qu’il n’accepte plus de s'allumer pendant de longues périodes. Les voiles n’ont pas trop souffert et même les vernis tiennent à peu près le coup. Nous n’avons plus eu de problème de charge électrique depuis Gibraltar puisque le panneau solaire a efficacement complété l’éolienne. Enfin le nom du bateau n’a jamais été un obstacle même s’il aurait pu passer pour une anagramme malheureuse en Algérie ou réveiller la vieille hostilité anti-turque en Grèce à cause de l’homonyme alcoolisé. L’équipage a eu quelques bobos. Léonie a contracté une simili-scarlatine à Pantelleria. Elle a aussi fait une belle chute à Epidaure (le coude et la hanche un peu amochés). Amélie regrette d’avoir voulu faire couleur locale en s’offrant des sandales en cuir à Monemvasia : ses pieds sont couverts de plaies. Sylvain a eu des crampes d’estomac à Jijel et Gustave est toujours le plat préféré des moustiques. Il a de plus testé de la tête à peu près toutes les parties du bateau. poussette_out.JPGQuant à la poussette, après avoir sillonné des dizaines de kilomètres dans les rues et sur les routes d’Afrique et d’Europe, elle a rendu l’âme à Athènes. Nous l’avons ramenée au Pirée dans un brancard et allons à présent l’enterrer après avoir fait quelques libations. Nous n’avons croisé aucun voilier naviguant au Maroc et en Algérie. Ce n’est qu’à partir de la Tunisie que nous avons rencontré d’autres équipages en route comme nous, notamment Steve et Melissa (Sidi Bou Saïd), Ann et Kevin (Sidi Bou Saïd), Julien et son équipage (Pantelleria), Jean-Luc Van Den Heede et son équipage (Pantelleria), puis plusieurs équipages anglais et français à Katakolon, à Kalamata, à Monemvasia où nous avons fait la connaissance de Georges, Zlata et Violette, à Hydra et à Epidaure. Lors de nos escales, nous avons beaucoup circulé à terre. Pour nos déplacements, nous avons utilisé des bus, des taxis, des voitures de location, des trains. Nous retiendrons particulièrement la ville d’Oran, la ville d’Alger et la ville de Béjaïa, trois villes magnifiques où nous nous sommes sentis chez nous. Nous avons aussi beaucoup aimé la ville de Tunis pour son intense activité. Nous avons passé du bon temps à l’île de Pantelleria qui nous a semblé être un bout du monde. Nous apprécions à présent la Grèce pour la beauté des paysages et pour ses majestueux sites antiques.La_6eme_caryatide.JPG Nous avons du mal à nous remettre des émotions que nous avons ressenties dans la plaine de Sparte, dans le stade d’Olympie, dans le théâtre d’Epidaure ou, hier encore, à l’Agora d’Athènes. Pour nos balades, nous avons utilisé les mentions contenues dans les instructions nautiques et les incontournables Guides du Routard. Nous avons aussi essayé de retrouver les lieux évoqués dans les bouquins que nous avons embarqués ou qui flottaient dans nos souvenirs de lectures plus anciennes. Nous n’avons eu aucun problème de ravitaillement et notre système de Jerricans est tout à fait fonctionnel : 4 jerricans de 10 litres d’essence et 3 jerricans de 10 litres d’eau toujours complétés par quelques bouteilles d’eau minérale. Le beurre ne tient plus dans le bateau depuis Malte. Nous allons maintenant entamer le voyage du retour même si nous savons qu’en ces contrées les retours sont parfois interminables et nous renonçons à Istanbul car nous serions alors obligés d’adopter un rythme de convoyage qui nous priverait des escales que nous envisageons de faire en Italie et en Corse. Le retour devrait s’organiser en plusieurs temps : 1. Le Canal de Corinthe et la remontée jusqu’à Corfou dans la semaine qui vient. 2. L’Italie du Sud et la Sicile fin juin-début juillet. 3. Naples, Rome, les îles toscanes et la Corse dans les 3 premières semaines de juillet. 4. Marseille et Sète fin juillet où nous retrouverons des amis et de la famille. 5. Le Canal du midi la première quinzaine d’août. 6. La Gironde, la Rochelle, et Nantes fin août. Nous sommes sur le retour, certes, mais en relisant ces dernières lignes, nous nous disons que nous avons encore du pays à voir et que nos grandes vacances sont loin d’être terminées.