IMG_0510.JPGNous avons quitté Athènes jeudi dernier. La traversée vers le canal de Corinthe s’est faite au louvoyage dans une bonne brise de 20 noeuds. Le soir, nous avons mouillé à Kalimaki, une petite baie située juste au nord de l’entrée du canal. Vendredi, en fin de matinée, nous avons embouqué le canal sous un soleil de plomb. Nous avons ensuite tiré vers Itea dans le petit temps. A l’approche de Galaxidi, nous avons fait les frais d’une dispute entre Apollon et Poséidon, l’ébranleur de la terre. Le ciel s’est couvert, puis est devenu tout noir. Les éclairs ont fusé de toutes parts. Et plus nous approchions du port, plus le ciel s’obscurcissait. Nous avons hésité à changer de destination. Soudain, des milliers de moutons blancs se sont formés sur le vaste dos de la mer. Le vent est monté à 20, puis 25, puis 30, puis 35, puis 40, puis 45 nœuds. Plus moyen de gagner au vent sans coucher le bateau. DSC04040.JPGNous avons dû faire demi-tour et partir en fuite à 6 nœuds à sec de toile. La mer poissonneuse s’est creusée rapidement pendant que le drapeau national de Raki, déjà bien fatigué par ses 4 mois de mer, rendait ses derniers soupirs. Nous avons enfilé les vestes de quart que nous n’avions plus porté depuis des semaines. Tout l’équipage s’est équipé de gilets et de harnais. Nous avons alors envisagé deux cas de figure : retourner à Corinthe ou profiter que nous avions de l’eau à courir pour attendre la bascule de vent et filer vers Lépante. Amélie a préparé le foc de route arisé puis nous l’avons envoyé en valsant un peu sur le pont. Au bout d’une heure, le vent a molli et a pris de l’ouest nous permettant alors de lofer et de commencer à retourner vers Galaxidi. Bilan, 12 milles de route en plus et une belle frayeur. Nous craignions particulièrement que le vent monte encore ou que la mer se forme davantage. IMG_0480.JPGBien contents d’arriver, nous nous sommes promis d’aller visiter Delphes le lendemain pour rendre un petit hommage à Apollon qui nous a sorti de ce mauvais pas. Léonie a pris son carnet de croquis et nous sommes allés au musée où nous avons pu voir le nombril du monde (cf. photo). C’est Zeus qui l’avait localisé en envoyant deux aigles, l’un vers l’Ouest et l’autre vers l’Est. Ils s’étaient retrouvés à Delphes. Léonie a ensuite croqué tous les monuments du sanctuaire d’Apollon et commis une petite prière à la manière de la Pythie en guise d’ex-voto. L’autobus nous a ramené à Galaxidi le soir. IMG_0519.JPGEt le lendemain matin nous avons appareillé à 5h00 pour profiter des calmes matinaux. Mais dès 9h00, le vent est monté de nouveau pour atteindre la force de 30 nœuds. Après 4 changements de voiles d’avant, nous avons louvoyé sous grand voile et foc de route arisés jusqu’à la belle île de Trisonia où nous attendons à présent que la météo se montre plus clémente, peut-être jeudi.